Mise en avant

Des IVG dans les Unités de Chirurgie Ambulatoire : virage ambulatoire ou sortie de piste ?

image_pdfimage_print

Des IVG dans les Unités de Chirurgie Ambulatoire :

virage ambulatoire ou sortie de piste ?

 

En 2018, en France, lorsque les IVG sont pratiquées à l’hôpital, elles sont réalisées dans trois types de structures : des centres d’IVG autonomes, des unités fonctionnelles IVG, et activité IVG intégrée au service de gynécologie-obstétrique.

Les centres autonomes sont les descendants directs des groupes du Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la Contraception (MLAC). Dans ces groupes, des militantes féministes, des syndicalistes, des médecins et infirmières du Groupe Information Santé ont pratiqué des avortements par aspiration (par la méthode dite Karman) de 1973 à 1975, afin d’obtenir la légalisation de l’avortement. Après la loi de 1975 (dite loi Veil), la plupart des chefs de service de gynécologie-obstétrique s’opposaient à la pratique de l’IVG dans leurs services. Les infirmières et médecins (pour la plupart généralistes) du MLAC ont donc continué à faire des IVG dans les hôpitaux, dans des centres autonomes, c’est-à-dire distincts du service de gynécologie-obstétrique et placés sous la responsabilité du chef d’un autre service. Dans de nombreux hôpitaux, ce sont les chefs des services d’anesthésie-réanimation qui ont accepté de prendre cette responsabilité, car c’est dans leurs services que les femmes mouraient de complications d’avortement clandestin avant les années 1970, et qu’ils voulaient que cette injustice cesse. Il s’agissait d’une injustice de classe, puisque seules mouraient les femmes qui n’avaient pas les moyens de payer un avortement en Grande-Bretagne ou en Suisse, où l’avortement était légal et sans danger. Quarante ans plus tard, les militant.e.s du MLAC sont à la retraite, mais les équipes travaillant dans les centres autonomes d’IVG ont choisi cette pratique, et font toujours un travail de qualité.

Les années passant, l’opposition des services de gynécologie-obstétrique s’est faite moins forte, et de nombreux hôpitaux ont mis en place des unités fonctionnelles d’IVG ou ont développé une activité IVG au sein de leurs services de gynécologie-obstétrique. Le fonctionnement des unités fonctionnelles est en général très proche de celui des centres autonomes, et garantit une prise en charge de qualité parce qu’il réunit les caractéristiques suivantes :

  • personnel dédié ;
  • locaux dédiés ;
  • budget dédié ;
  • Llgne téléphonique dédiée.

Il n’en va pas de même lorsque le service de gynécologie-obstétrique assure une activité IVG, car les IVG sont alors réalisées par des internes en fin de bloc opératoire, et car l’activité n’est jamais prioritaire sur les autres activités du service (accouchements, chirurgie, etc.)

Jusqu’à 2017-2018, l’AP-HP a soutenu le développement et le maintien des centres autonomes et unités fonctionnelles, même s’il a souvent fallu une mobilisation des équipes et des associations (Planning Familial, Coordination des Associations pour le Droit à l’Avortement et à la Contraception, Association Nationale des Centres d’IVG et de Contraception). Aujourd’hui, l’AP-HP cherche à développer la chirurgie ambulatoire dans les Unités de Chirurgie Ambulatoire (UCA). Si ce « virage ambulatoire » peut représenter un progrès pour des patient.e.s jeunes en bonne santé et disposant d’un logement personnel, ses conséquences sont parfois plus ambiguës.

Pour ce qui concerne l’IVG, l’intégration des IVG dans les blocs centraux et les UCA représente un net recul pour la qualité des soins et pour les droits des femmes, et ce pour plusieurs raisons :

  • les UCA ne représentent pas les mêmes garanties de confidentialité et de discrétion que des locaux dédiés à l’IVG ;
  • les conditions de travail au bloc central (nettoyage, brancardage) sont excessives pour des interventions légères comme les IVG (10-15 minutes d’anesthésie, sans intubation), et allongent considérablement le temps de prise en charge alors que les études de satisfaction sur l’IVG montrent que les femmes sont d’autant plus satisfaites que le geste est réalisé rapidement ;
  • le personnel du centre d’IVG n’est plus seul en charge des femmes, exposées aux jugements moraux d’équipes n’ayant pas choisi de faire des IVG et désapprouvant cette pratique ;
  • les IVG n’ont plus lieu dans des locaux dédiés, ce qui complique les démarches des femmes dans un contexte où elles apprécient la simplicité, la rapidité et la discrétion.

En somme, l’IVG était déjà réalisée en ambulatoire, y compris sous anesthésie générale. Il n’y a donc ici nul « virage ambulatoire », mais un virage à 180° ramenant les centre autonomes et unités fonctionnelles, non à une activité IVG au sein du service de gynécologie-obstétrique, mais à une activité IVG au sein des blocs centraux et UCA, ce qui pose exactement les mêmes problèmes. Il s’agit d’un recul pour les droits des femmes et d’une négation de notre histoire : ce qui a fait la qualité et la pérennité de la pratique de l’IVG à l’hôpital, et à l’AP-HP en particulier, ce sont les centres autonomes et unités fonctionnelles. Que les équipes concernées défendent le maintien des IVG, y compris sous anesthésie générale, dans leurs locaux, ou qu’elles tentent de limiter la casse lorsqu’elles n’ont pu empêcher le transfert des IVG à l’UCA, elles se battent pour que la qualité de la prise en charge réponde aux attentes des femmes !

Rosa Warum

Mise en avant

Ce que cachent les « bonnes pratiques » : actualité du péril soignant en psychiatrie et ailleurs

image_pdfimage_print

Treize hôpitaux psychiatriques ont obtenu en 2017 une dérogation à faire partie d’un GHT[1], conformément à la loi du 26 janvier 2016[2]. Dans la nébuleuse des services de psychiatrie français, vaste ensemble hétéroclite de services sectorisés ou non, il s’agit d’un nombre ridiculement faible d’établissements qui sont concernés par ces dérogations. Autant dire que ceux qui l’ont demandée, au nom de leurs spécificités, sont loin de représenter un danger pour l’équilibre budgétaire de l’Etat français…

Pourtant la ministre de la santé, depuis le 18 avril, n’a de cesse d’affirmer[3] que ces régimes dérogatoires doivent cesser. Pourquoi une telle insistance ? Qu’est-ce qui la dérange ? Mme Buzyn ne cache pas son argumentaire : la psychiatrie publique aujourd’hui, de son point de vue de ministre et néanmoins médecin universitaire, est dépassée, poussiéreuse, archaïque. Elle le martèle[4] d’abord en mettant en avant les soins somatiques dont bénéficient les patients souffrant de troubles psychiatriques, feignant d’ignorer que des soins somatiques de qualité sont mis en place dans les hôpitaux psychiatriques depuis bien longtemps, ou que les patients atteints de troubles psychiatriques sont aussi des personnes précarisées sur le plan social, familial, financier, professionnel, toutes situations qui renforcent les difficultés d’accès aux soins de ces patients. Elle place la responsabilité du côté de la psychiatrie, quand la pratique quotidienne des « psys » démontre que c’est le milieu de soin somatique qui, par manque de moyens autant que par peur ou méconnaissance, exclue les patients psychiatriques en entravant leurs prises en soins somatiques en milieu hospitalier général.

Comment donc comprendre alors qu’une éminente universitaire, qui se prévaut de son statut d’ancienne directrice de la HAS, et prétend de ce promontoire imposer à tout un peuple de soignants les « bonnes pratiques », se permette de raconter pareilles inepties ?

La psychiatrie est pourtant le terrain d’expérimentation et d’invention d’un soin humain, bienveillant, qui doit aujourd’hui servir de phare et d’horizon à tous les soignants de notre pays. Car si la dimension technique des soins en médecine ne peut pas être ignorée, il est désormais urgent de rappeler à ceux qui sont sur le point de nous imposer des pratiques soignantes autoritaires et maltraitantes (cf. l’intervention fleuve désastreuse de Mme LEBOYER, universitaire et psychiatre sur l’antenne de France Inter le 7 septembre[5]), ce que doivent être les bons soins que l’on donne en France, qui n’ont rien à faire de l’application de protocoles. Tout au contraire de l’affirmation sidérante de la ministre, qui clame vouloir uniformiser[6] les pratiques en psychiatrie, il est urgent de faire savoir que les soins, partout, dans tous les services hospitaliers, relèvent par-delà leur technicité et leur garantie de sécurité, d’une rencontre entre un soignant et un patient, où émergera une parole, une écoute, un geste, un regard, et que cela ne peut être écrasé par les procédures bureaucratiques qu’exige notre ministre. Et ce geste ou ce regard, voilà bien qui ne sera jamais à même d’être uniformisé.

Il est temps aussi d’affirmer que si l’on exige d’une infirmière en psychiatrie la capacité d’accueillir la douleur morale d’un patient déprimé, et que cela passe par son écoute singulière qui n’a justement rien d’un protocole, c’est le même métier qu’exerce une infirmière en hématologie à l’heure de perfuser une chimiothérapie d’un patient en plein état de panique. A cet instant de la rencontre, aucune bonne pratique ne répond, il n’y a que la présence humaine dans la rencontre qui puisse traiter la douleur.

Dans ce combat pour des soins humains, les établissements psychiatriques qui ont obtenu une dérogation à faire partie d’un GHT ne sont que de petits ilots de résistance à la raison économique qui se cache derrière les « bonnes pratiques ». Mieux vaut en effet pour Bercy 24 séances de remédiation cognitive pour traiter un patient schizophrène, que de longues années d’hôpital de jour. Mais qui ne sait pas que lorsque le service universitaire a (évidement…) échoué à traiter la psychose à coup de protocoles de résonance magnétique transcrânienne, il renvoie le patient dans le secteur psychiatrique public ? C’est pourtant ce qui se passe, tous les jours. Les hôpitaux universitaires captent des budgets fléchés pour appliquer des protocoles de « bonnes pratiques », qui ne marchent pas, développer des centres expert dont l’expertise exclut tout le champ de la schizophrénie dite « résistante », et abandonnent les patients sitôt l’aveu de leur échec établi. C’est au nom de ces bonnes pratiques-là que l’on dit vouloir faire rentrer toute la psychiatrie en GHT, réduire ses budgets, régenter ses actes thérapeutiques, les contrôler. Où vont déjà, aujourd’hui, les patients psychotiques ? Ils sont renvoyés dans leurs familles, dans des GEM, en Belgique…

Alors que Mme Buzyn écoute enfin les soignants, les vrais, ceux qui donnent de leur corps, de leur voix auprès des patients, ceux qui donnent de l’oreille, qu’elle rabatte ses illusions scientistes, et que ses comités autoritaires de pilotage[7] de la psychiatrie se dissolvent et disparaissent ! Surtout, que tous les soignants en France se lèvent, et pas seulement les hôpitaux psychiatriques sous dérogation, tous les hôpitaux psychiatriques, tous les hôpitaux généraux, pour faire valoir que les « bonnes pratiques », c’est nous professionnels, qui les avons !

Dr. Benoit Marsault

[1] https://www.apmnews.com/depeche/100696/309673/psychiatrie–entre-ght–polyvalents-ou-non–et-derogations

[2] https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexteArticle.do?cidTexte=JORFTEXT000031912641&idArticle=JORFARTI000031913559&categorieLien=cid

[3] https://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2018/06/28/agnes-buzyn-je-veux-favoriser-une-vision-moderne-de-la-psychiatrie-_859379, https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins-2eme-partie/la-sante-cest-du-travail-entretien-avec-agnes-buzyn-ministre-des-solidarites-et-de-la-sante-2eme, https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-24-mai-2018, etc.

[4] https://www.apmnews.com/story.php?uid=100696&objet=308374

[5] https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-07-septembre-2018

[6] Ibid le quotidien du médecin : « Tous les établissements de santé mentale seront intégrés aux GHT, avec des projets partagés. Je veux favoriser une vision moderne de la psychiatrie. Elle doit répondre aux mêmes types d’évaluation et avoir les mêmes exigences de pratiques et de résultats que les autres disciplines. Pour avoir assisté à la certification des établissements de santé mentale, en tant que présidente de la HAS, on voit que les pratiques sont hétérogènes sur le territoire. Ça ne peut plus durer. »

[7] https://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/breve/2018/06/29/les-psychiatres-hospitaliers-publics-contestent-la-composition-du-comite-strategique-pour-la-sante-mentale-et-la-psychiatrie_859411

Mise en avant

Plan « Ma santé 2022 » – Communiqué de presse de la CGT

image_pdfimage_print

Oui, nous avons besoin de reconstruire notre système de santé à partir des besoins de la population dans les territoires

Au-delà des déclarations d’intentions, ce que propose le président de la République, contraint par les luttes des personnels de la santé et la montée de l’exaspération de la population, ne répond en rien au besoin d’une reconstruction de notre système de santé. À nouveau, il n’entend pas les revendications des personnels de santé et les exigences des réponses aux besoins de santé de la population.
Aucun moyen financier ou si peu n’accompagne le plan présenté ce jour. Cette crise du système de santé, la progression du non-recours aux soins, la mise en danger des personnels de santé soumis à des contraintes de travail infernales sont le résultat d’une politique : celle de la MAÎTRISE DES DEPENSES de santé menée depuis de nombreuses années.
Pour la CGT, cette politique globale de santé exige une autre organisation du travail reposant sur l’amélioration des conditions de travail des professionnels nécessitant un plan massif de créations d’emplois et de formations. Ce sont 100 000 emplois pour l’hôpital et 200 000 pour les EHPAD et les services à la personne dont nous avons besoin immédiatement. 
Pour la CGT, il faut rompre avec cette logique appelée coopération entre les établissements qui, en fait, est une mise en concurrence du service public et du privé qui aboutit à la fermeture de nombreux services.
L’organisation du système de santé et de l’accès aux soins doit reposer sur le service public, avec la création et le développement de centres de santé et des professionnels salariés, y compris des médecins, rattachés à des établissements publics de santé, notamment des hôpitaux de proximité.
Un hôpital de proximité ne doit pas être une coquille vide mais comprendre, au moins, les services suivants : Urgences, Médecine, Chirurgie, Maternité et Gériatrie.
Par ailleurs, il est absolument nécessaire de conserver une spécificité de l’offre de soins de psychiatrie, dans le cadre de l’organisation en secteurs au plus près de la population.
Pour la CGT, régler durablement la question des déserts médicaux, c’est traiter le problème de la présence de médecins sur tous les territoires. Aussi, il ne suffit pas seulement de supprimer le concours de première année de médecine, il faut en finir avec le numerus clausus mais, surtout, former un plus grand nombre de médecins, ce qui n’est pas l’objectif final du gouvernement.
Pour permettre cette sortie de la crise, les miettes ne suffiront pas, il faut un financement à la hauteur des besoins. 
Il y a urgence à développer une véritable politique de prévention portée avant tout sur l’amélioration des conditions de vie et de travail, l’éducation et l’organisation des solidarités tout au long de la vie, ce qui est à l’opposé des différentes réformes menées ces dernières années et celles à venir.
L’argent ne manque pas mais il ne va pas au bon endroit comme le montrent les distributions de dividendes affichées cette année par les entreprises du CAC 40. 
Pour l’accès à la santé pour tous et la défense de notre modèle social, signe de progrès, la CGT appelle à se mobiliser le 9 octobre prochain.

Montreuil, le 18 septembre 2018

Mise en avant

Article du journal Le Point – Centre 15 – Interpellation de la Ministre de la santé

image_pdfimage_print

Objet : qualité de fonctionnement des centres 15

Madame la Ministre,

L’enquête publiée récemment par le journal Le Point montre que 80 % des SAMU ne respectent pas les critères de qualité que la population est en droit d’attendre dans des structures de ce type. Les contestations de vos services et d’une partie des représentants institutionnels ne peuvent cacher la dure réalité que vivent les citoyens qui appellent ce numéro pour des urgences médicales.

Noter organisation dénonce depuis des années le manque de moyens récurrent de ces services au regard de l’augmentation continue de leur activité, aggravé par les mesures d’économies imposées aux établissements d’année en année.

La situation est en effet effet grave. Le seul critère de qualité acceptable est un décroché dans un maximum de 30 secondes de 99,9 % des appels. Afin d’atteindre cet objectif, le critère de nombre d’appel par heure et par ARM n’est pas pertinent. En effet, le temps nécessaire pour chaque appel peut être très variable. Nous demandons que des études soient menées afin de déterminer le temps de communication maximal par ARM permettant une disponibilité assurant le critère de qualité cité ci-avant.

Il est clair que la situation actuelle de dégradation de ce service public essentiel pour assurer la sécurité de la population nécessite la mise en place d’un plan massif de recrutement et de formation des ARM. En effet, l’affaire de Strasbourg a mis en évidence qu’il n’est plus possible de se contenter d’une simple formation d’adaptation à l’emploi pour un métier de ce type. Nous réclamons la mise en place immédiate d’une formation initiale qualifiante, sanctionnée par un diplôme universitaire.

Par ailleurs, la programmation dans les PRS de la fermeture de certains SAMU départementaux au profit de plate-formes régionales n’est pas acceptable. En effet, l’enquête du Point montre que les centres 15 qui assurent la meilleure qualité de service sont en l’occurrence ceux qui sont de taille raisonnables, comme celui d’Auxerre, alors que ceux des métropoles, comme celui de Paris, sont les plus mauvais.

L’exemple de Paris est emblématique de ce qu’il faut changer. En effet, la CGT propose depuis des années, la mise en place de systèmes d’information permettant une véritable interconnexion entre les centres d’appel 18 et 15, ce qui existe dans un certains nombre de départements, mais justement pas à Paris où persiste une « concurrence » entre les deux centres d’appels qui entraîne une perte de chance pour les patients. Au-delà de la réflexion nécessaire autour de l’intérêt du numéro d’appel unique 112, il est urgent que les outils dont disposent ces centres d’appel soient au minimum du même niveau que ceux des centrales de taxis et de VTC ! Si ce mode de fonctionnement était effectif, l’opérateur pompiers à Strasbourg aurait transmis l’appel directement au médecin régulateur du SAMU et non à l’ARM. C’est pourquoi, nous demandons que soit maintenu l’échelon départemental pour ces centres d’appel interconnectés et que soit suspendus tous les projets de fermeture de SAMU départementaux, notamment ceux de Nevers et d’Auxerre.

Par ailleurs, il apparaît étonnant que soit maintenu en place l’actuel président du Conseil national de l’urgence hospitalière qui effectue par ailleurs régulièrement des audits dans différents établissements, alors que le service dont il a la responsabilité est celui dont la qualité semble être la plus mauvaise de l’ensemble des centres 15 de métropole.

Face à l’urgence de la situation, nous vous demandons de nous recevoir en urgence afin de pouvoir vous exposer nos propositions plus en détail.

Mise en avant

Nouvelle AP-HP : une fuite en avant vers les modèles du privé ? Décryptage

image_pdfimage_print

USAP-CGT

Collectif médecins

Nouvelle AP-HP : une fuite en avant vers les modèles du privé ? Décryptage

La Direction de l’APHP a fait avaliser en juin 2018 par son Conseil de Surveillance un plan de transformation dit « Nouvelle AP-HP » ; derrière les affirmations très politiquement correctes de maintien du service public hospitalier s’y profilent des éléments dangereux qui méritent un regard critique.

Les références en italique sont issues du document « Nouvelle APHP » et des réflexions des séminaires « Oikeoisis » (nom pompeux de l’adaptation) qui l’ont précisé.

« L’AP-HP , nous dit-on dans ce document, a besoin de transformations profondes, pour redresser sa situation financière sans remettre en cause la qualité de prise en charge des patients, mais aussi pour se positionner dans une compétition européenne en matière d’enseignement et de recherche,  améliorer son attractivité pour les professionnels de santé par une simplification de son fonctionnement quotidien, en favorisant le travail en équipe autour du patient , et surtout pour motiver les équipes autour d’un projet ambitieux pour le premier CHU européen qui est pour longtemps l’un des piliers du service public hospitalier. »

Désagréable mélange des genres : sous le vernis du service public de santé, de la proximité, pointe sans conteste le discours de l’efficience, de l’hôpital-entreprise, que l’on retrouvera largement détaillé dans les paragraphes suivants.

I. Relever les défis

« L’AP-HP doit au cours des prochaines années relever cinq défis majeurs, malgré un contexte économique contraint, qui passe par une amélioration de nos performances, notamment économiques, et une préservation de notre capacité d’investissement et qui conduira à des efforts importants pendant les prochaines années, sans que cela soit au détriment de nos missions, de la qualité des soins et de la qualité des conditions de travail. »

Tout est annoncé : pas de modification de la politique générale de l’APHP, pas de contestation des objectifs gouvernementaux, qui pérennisent un ONDAM insuffisant à assurer les missions du service public hospitalier, pas de critique du mode de financement (T2A conduisant à une sélection du recrutement et des séjours en fonction de leur rentabilité) ; il s’agit d’adaptation et d’efficience, aucunement de rénovation, et les éléments de langage lénifiants ne peuvent cacher que les patients et les personnels paieront ces « efforts importants ».

On pourrait s’amuser du souci de « qualité des conditions de travail » quand on connaît les ravages de la « nouvelle organisation du travail » mise en place en 2016 pour les personnels non médicaux (grande équipe généralisée, mutualisation des postes au niveau service ou pôle, limitation des pools de remplacement, changements incessants de plannings, en bref une destruction de la notion d’équipe) …

  1. « Face aux évolutions démographiques et institutionnelles de la région Ile-de-France, s’affirmer comme le CHU d’Ile-de-France, pouvant couvrir l’ensemble de la région ; comme cela ne se fera pas par la construction de nouveaux hôpitaux au sein de l’AP-HP – au-delà de ce qui est déjà acté – ni par le déplacement d’hôpitaux, cela implique des liens plus étroits et plus structurés avec les GHT et les établissements hors AP-HP. »

Aucune garantie en ce qui concerne le maintien de structures périphériques, ou jugées moins rentables, comme les soins de longue durée ou l’HAD, dont l’inclusion, à terme, dans les GHT, pourrait « soulager » l’APHP ; aucune participation annoncée non plus pour la couverture des zones de désert médical ou universitaire, ce qui serait la mission première d’un « CHU d’Ile de France ».

  1. « Face à la montée des maladies chroniques, aux tendances démographiques des professions de santé, aux aspirations des professionnels et des patients, s’inscrire bien plus qu’aujourd’hui dans un « système de santé intégré », avec des liens plus étroits et réellement avec la ville, des formes nouvelles de coopération de tous les acteurs de santé, une vision « ville hôpital » pour la prise en charge des patients, leur parcours, leur suivi, leur implication dans la recherche (maisons de santé universitaires). Les outils numériques prendront une place centrale dans cette ambition. »

On ne peut qu’être d’accord avec ces déclarations d’intentions ; encore faut-il que les moyens mis en œuvre permettent d’y donner suite… actuellement, la logique de « réduction capacitaire » systématique de l’AP-HP, basée sur trois axes (augmentation du taux d’occupation, réduction de la DMS et bascule ambulatoire) conduit à une réduction drastique de l’aval d’hospitalisation, sans aucun gain financier du fait du mode de financement de l’ambulatoire ; cette politique ne peut que conduire à dégrader encore ces fameux liens avec la ville…

Un système de santé intégré doit, pour la CGT, s’appuyer sur une continuité permanente des soins entre un hôpital public solide assurant en particulier les missions « régaliennes » (enseignement, recherche, santé publique), et des structures de soins de proximité, qui ne doivent pas être un simple regroupement de professionnels comme le sont les maisons de santé actuelles; il est nécessaire de réinventer un mode d’exercice mixte, qui devrait être dégagé du paiement à l’acte, seul moyen d’intégrer durablement les missions de prévention, d’éducation et de coordination. La psychiatrie, historiquement organisée autour de cette continuité, doit conserver ce mode d’exercice sectoriel particulier.

  1. « Face aux évolutions technologiques et thérapeutiques, avoir une capacité d’investissement et d’adaptation rapide : adaptation de nos organisations médicales ; adaptation de nos volumes capacitaires ; adaptation de nos modes de relations avec les patients (télémédecine, téléconsultation, suivi à distance, accès à l’information, etc.) ; adaptations de nos équipements et de notre système d’information ; digitalisation ; adaptation de notre modèle économique pour pouvoir gagner en réactivité et supporter le coût de l’innovation. Tout cela doit cependant s’effectuer en préservant l’irremplaçable dimension humaine de l’exercice de nos missions. »

La capacité d’investissement est une des rares lignes budgétaires dont l’AP-HP a conservé le niveau, certes minimal et insuffisant (rappelons que le taux de vétusté du matériel lourd dépasse 70%) ; on peine à imaginer que cela puisse perdurer sans effort conséquent de l’ARS, dont l’implication nécessaire n’est même pas citée dans ce document, ni sans réforme du système de tarification…

  1. « Face au malaise des professionnels et à leurs aspirations personnelles, différentes de leurs prédécesseurs, il faut renforcer les conditions d’attractivité du CHU comme un espace de recherche et d’enseignement au service de l’innovation, tout en repensant les organisations de travail, la notion d’équipe, les évolutions de carrière, l’exercice des responsabilités, dans un fonctionnement plus souple, plus personnalisé, davantage centré sur le cœur des missions, avec une plus forte médicalisation de la gouvernance. »

La reconnaissance (enfin !) du malaise des personnels et de la perte d’attractivité va servir à introduire tous les éléments de destruction d’un statut protecteur pour les salariés (médecins et non médecins), mais contraignant pour l’hôpital-entreprise ; la « nouvelle organisation du travail » et les pôles ont détruit les équipes ; là où on attendait augmentation d’effectifs et amélioration des conditions de travail, on nous propose encore plus de souplesse (éliminer les derniers taquets protecteurs des conditions de travail), et une personnalisation de la carrière, qui ne peut que donner plus de poids à la hiérarchie pour imposer rentabilité et efficience. La « médicalisation de la gouvernance » est l’os à ronger offert aux couches supérieures du corps médical, acquises de toutes façons à cette politique.

  1. « Face à la concurrence internationale, demeurer un pôle fort de recherche au niveau mondial, dans le « top 10 » où elle se trouve actuellement, en saisissant les opportunités autour des data, des « omics », des objets connectés et en utilisant au mieux les forces de l’AP-HP, l’avantage de sa taille, et en renforçant la fluidité et la solidité de ses partenariats avec les universités, l’INSERM et les autres EPST. Mieux valoriser les fruits de la recherche et davantage intéresser les équipes aux retombées de leurs recherches. »

Concurrence et service public de santé font évidemment très mauvais ménage, mais pas question pour la direction de l’AP-HP de demander à l’Etat ou à l’ARS la reconnaissance de ses missions spécifiques (enseignement et formation des professionnels, prévention, précarité, dépendance, santé au travail, etc.), qui induisent une distorsion flagrante en faveur du secteur privé. Sur le plan de la recherche médicale et infirmière, aucune mention des besoins de santé, d’objectifs liés à la qualité de la prise en charge ; la recherche est considérée sous l’angle de la valorisation financière pour l’APHP, et de l’intéressement aux retombées de la recherche pour les personnels.

II. Une nouvelle organisation juridique

Le mastodonte AP-HP (représentant à elle seule 10 % de l’ensemble des lits d’hospitalisation et plus d’un tiers de la recherche clinique en France) ne peut évidemment, sous sa forme actuelle, intégrer les objectifs précités ; Cette « nouvelle AP-HP » est donc prétexte à proposer des modifications substantielles de l’organisation de l’AP-HP, en particulier de sa structure juridique, et, plus discrètement, des modifications des différents statuts des personnels.

La direction propose «  une nouvelle organisation juridique de l’AP-HP donnant plus d’autonomie, permettant davantage de souplesse, ouverte sur les partenariats, mais maintenant l’unicité de l’AP-HP et ses capacités de mutualisation » Derrière ce langage abscons, on doit entendre, précise le document, une autonomisation des Groupes Hospitaliers, avec une certaine délégation de gestion, après réduction de leur nombre par un recentrage autour des activités universitaires. « Cette évolution connaîtra une première étape par la création d’AP-HP.5 et AP-HP.6, qui se sont porté volontaires pour cette nouvelle organisation. Elle serait cohérente avec une démarche similaire pour les autres GH et les autres périmètres universitaires ».Le siège de l’AP-HP conserverait donc la seule « définition de la stratégie médicale globale et de la « solidarité » entre les établissements de l’AP-HP ».

«  Cette évolution ne doit pas conduire à ne plus soutenir, parce qu’ils seraient en difficulté financière, des établissements qui ont un rôle à jouer dans l’offre de soins, mais à maintenir une forme efficace de solidarité ». On hésite entre le grotesque et le pathétique pour qualifier cette promesse, quand on sait que le mode actuel de répartition des efforts entre les GH pénalise au contraire lourdement les groupes les plus endettés ou les moins « performants » économiquement, les poussant à réduire encore plus leurs effectifs et leurs moyens, dépassant souvent la limite du supportable.

D’ailleurs, « Cette évolution n’exonère pas l’AP-HP des efforts d’efficience. Elle doit les rendre plus supportables, en donnant plus de souplesse. Cette évolution ne doit pas faire ralentir les évolutions structurelles majeures des sites : elle doit au contraire si possible les accélérer, lorsqu’elles conjuguent meilleure performance médicale et meilleure performance économique ». La logique est bien, comme on s’en doutait, d’acquérir suffisamment de souplesse institutionnelle (entendons de mutualisation des moyens, et d’affranchissement des règles imposées par les statuts) pour donner un peu d’air aux plus « performants ». Combien de temps, dans ces conditions, durera la coquille vide AP-HP ?

En contrepartie, la direction se doit de donner quelques gages au corps médical, pour garantir son intégration dans le processus ; c’est ainsi que les pôles, structures de gestion dont la vocation affirmée par la loi HPST était de remplacer les services, structures de soins, deviendraient des « Départements médico-universitaires », dont la fonction clinique serait réaffirmée ; mais leur fonctionnement demeurerait de type mandarinal, même s’il associe une gouvernance « médicale et paramédicale » ; pas question de faire élire les chefs de service ou de DMU par les personnels ! Un cadeau, donc, pour la frange la plus conservatrice du corps médical de l’AP-HP, celle qui, dans les CME, valide la politique de la direction !

Cette évolution ne doit pas se traduire par moins de mobilités entre établissements ; au contraire, elle peut s’accompagner de mesures favorisant davantage de mobilités, plus faciles à organiser sur le plan juridique. Elle doit également se traduire par une plus grande souplesse dans les recrutements : ainsi, une organisation plus décentralisée doit permettre un rythme de recrutements de praticiens hospitaliers en temps réel, plutôt qu’au rythme annuel d’une révision globale des effectifs médicaux. C’est le paragraphe de tous les dangers : porte ouverte à la création de statuts spécifiques à chaque GH, tant pour le personnel médical contre la promesse de recrutements plus rapides (avec à la clé la disparition du statut unique protecteur de praticien hospitalier) que para-médical (avec la disparition à terme du statut unique de la fonction publique hospitalière).

Enfin, « Cette évolution doit permettre davantage d’alliances, de partenariats, avec d’autres acteurs,  devant mieux organiser l’offre de soins, les parcours patients, le lien entre la ville et l’hôpital. Elle doit permettre de renforcer ces alliances, de rendre moins étanches les limites et les frontières de l’AP-HP ». Petite phrase anodine, qui ouvre clairement la porte à toutes les initiatives, du partenariat public-privé à l’ouverture de structures purement privées dans nos hôpitaux. C’est d’ailleurs le souhait d’une frange du corps médical, qui y voit un intérêt personnel évident, bien loin de celui des patients. C’est tout le contraire d’une prééminence du service public hospitalier, pour lequel nous nous battons. Combien de temps, dans ces conditions, durera l’AP-HP ?

III. Un nouveau contrat entre l’Etat et l’AP-HP

Cette partie relève d’une approche particulière et archaïque de la place de l’AP-HP dans l’offre de soins. En effet, à aucun moment, ce texte ne cite le mot ARS, ni celui de PRS (Projet régional de santé). Le PRS constitue la feuille de route qui structure l’offre de soins dans la région Ile-de-France pour les 10 à venir et l’ARS est l’outil administratif de sa mise en œuvre ainsi que de la gestion au quotidien du système de santé.

Vouloir placer l’AP-HP en dehors de ce cadre et imposer un contrat directement avec l’Etat pose un problème majeur qui est celui de l’articulation des projets de l’AP-HP avec les autres établissements hospitaliers publics de la région, mais aussi les ESPIC (privé non lucratif) et les établissements privés lucratifs. Si dans Paris intra-muros l’AP-HP se vit en situation de monopole, ce n’est pas le cas dans les départements de la petite couronne.

  1. «Affichage d’un contrat de transformation AP-HP/Etat : Un message implicite de l’Etat est nécessaire pour affirmer… un accord sur les transformations conduites… et un soutien à une évolution juridique de l’AP-HP. »

Martin Hirsch cherche ici le soutien de l’Etat pour modifier la structure juridique de l’AP-HP. Sachant pertinemment que cette question est très sensible, il ne souhaite pas en assumer la responsabilité. Quel courage !

  1. « Affirmer le rôle de la recherche : Les incertitudes sur le rôle de la recherche d’un CHU de la taille de l’AP-HP ont un impact important sur la motivation des acteurs dans un établissement qui représente, avec 10 % des lits, près de 40% de l’ensemble de la recherche clinique française. »

Cette affirmation est en contradiction avec le point 1. Ce qui fait la force de l’AP-HP dans le domaine de la recherche c’est sa taille et les moyens qu’elle peut – ou qu’elle devrait – mobiliser dans ce cadre. Par contre ce qui pose problème est l’évolution des instituts de recherche adossés à des fondations qui doivent collecter des fonds auprès de donateurs privés, bénéficiant ainsi du crédit impôt-recherche et utilisant ainsi les moyens de la recherche publique, tout en pouvant orienter ses axes prioritaires. Cette évolution en termes d’indépendance de la recherche est très dangereuse.

  1. « Fluidification de l’aval (SSR) : … Il serait bien d’objectiver avec les tutelles ce déficit et pouvoir l’intégrer dans le Programme régional de santé… (avec éventuellement des transformations au sein de l’AP-HP soit à partir du MCO, soit à partir du SLD). »

Il s’agit ici du summum de la duplicité. Une des forces de l’AP-HP était de regrouper dans une même structure l’ensemble du panel de l’offre de soins : du service hyperspécialisé, jusqu’aux lits d’USLD et d’EHPAD. Or depuis plusieurs années, les différents directeurs(rices)  – souvent aidés par une partie du monde médical jugeant ces activités non « intéressantes » – n’ont eu de cesse de fermer des lits et des hôpitaux accueillant des services de rééducation et de gériatrie. Alors qu’il est nécessaire, tant pour un bon fonctionnement de nos services que pour le bien des patients, d’assurer une fluidité de la prise en charge entre les soins aigus et la réadaptation ou les soins de longue durée, où est la logique de se « débarrasser » de ces activités pour les confier le plus souvent au secteur privé lucratif.

  1. « Objectivation externe des surcharges pressenties et réellement ressenties par rapport aux autres : L’AP-HP considère, à tort ou à raison, qu’elle supporte un certain nombre de charges spécifiques… ; les tutelles considèrent, à tort ou à raison, que l’AP-HP est surdotée sur certaines missions ; une instruction, de manière indépendante, permettrait de pouvoir mettre à plat ces éléments et d’en tirer les conséquences. »

Ce point est intéressant car sans le dire explicitement il s’agit clairement d’une critique du mode de financement actuel des hôpitaux, notamment de la T2A. Il est clair que l’AP-HP du fait de sa double mission de CHU et d’hôpital de proximité pour la population de Paris et d’une partie de la petite couronne, nécessite un mode de financement adapté. L’augmentation brutale du déficit, chiffré à 200 millions pour 2017 est là pour montrer que la solution ne peut être les fameux « objectifs d’efficience », petit bijou de la novlangue libérale pour parler de suppression de postes !

Il faut effectivement supprimer la T2A et instaurer un financement aux missions dans le cadre de plans pluriannuels, permettant ainsi aux établissements de recouvrer une certaine stabilité financière qui fasse que les discussions dans les instances se concentrent de nouveau sur l’évolution de l’offre de soins et non pas sur les économies qui n’ont pas été faites et sur celles qu’il faudra faire l’année prochaine.

  1. « Aide à l’investissement numérique pour permettre son accélération : … Sans faire de « favoritisme », il devrait être possible de prévoir sur les trois ans qui viennent une enveloppe « numérique » pour l’AP-HP correspondant aux projets qui conduisent à une forte efficience, dans le cadre d’un engagement sur le rendu d’emplois correspondant. »

Bien entendu, mais avec quel objectif : pas uniquement le versant financier mais aussi dans le domaine médical ! L’outil numérique doit apporter un plus dans la prise en charge médicale des patients et ne peut s’y substituer, ce qui ne peut donc se faire sur la base d’un rendu d’emplois.

  1. Aide à l’investissement sur les grosses opérations (pour accélérer les restructurations) : … l’AP-HP propose qu’outre le nouveau Lariboisière et l’hôpital Nord, deux opérations particulièrement structurantes fassent l’objet du soutien de l’Etat : la reconstruction de Raymond Poincaré sur Ambroise Paré et la restructuration des hôpitaux de Seine-Saint-Denis (Avicenne/jean Verdier). »

Là aussi la novlangue règne : restructurations signifie fermetures d’hôpitaux.

Au-delà de l’erreur de la construction de l’hôpital Nord plutôt que de rénover Bichat et Beaujon sur site, les exemples cités sont explicites : Raymond Poincaré et de Jean Verdier. Sous couvert de soi-disant « restructurations », il s’agit bien de la fermeture d’établissements avec des projets substitutifs qui se traduisent par une réduction drastique de l’offre de soins dans un domaine le handicap où les besoins sont mal couverts et augmentent, ainsi que dans une zone géographique, la Seine-Saint-Denis, où l’hôpital public a bien du mal à développer une offre de soins répondant à une population jeune, pauvre et en augmentation.

  1. « Mise en place accélérée et à grande échelle des protocoles de coopération avec prime de coopération. »

La CGT comme la plupart des syndicats des personnels est favorable à l’évolution des compétences des professionnels paramédicaux, mais pas dans les conditions proposées.

En effet depuis l’universitarisation des formations, la revendication est de réellement mettre en place des diplômes de niveau licence, master et doctorat, tant en formation initiale que continue, avec des grilles de rémunération correspondantes.

Or il n’est proposé ici qu’une prime de 2000 euros annuels. Quel mépris pour des personnels qui se forment trop souvent sur leur temps libre du fait de la faiblesse des crédits de formation continue, qui par ailleurs diminuent d’année en année !

  1. « Contrat sur quelques disciplines pour tarification ambulatoire versus fermeture de lits : la réduction capacitaire de l’AP-HP passe par la possibilité de faire basculer en ambulatoire des activités médicales alors que le modèle de tarification freine cette évolution. »

L’énoncé est explicite, l’ambulatoire n’a pas pour objectif une amélioration de la prise en charge des patients main bien de fermer des lits !

Or quelle est la réalité ? Si en chirurgie et dans certaines pathologies très ciblées, l’ambulatoire peut être intéressant, il n’en est pas de même pour les patients de plus de 50 ans polypathologiques qui nécessitent, lors d’une décompensation, une hospitalisation dans un lit de médecine. Or trop souvent la structuration de nos établissements avec des services par spécialités font qu’ils n’y trouvent pas leur place. Or ces patients représentent aujourd’hui 60 % des dépenses de la sécurité sociale. Il serait donc intéressant que notre système des soins, tant ambulatoire qu’hospitalier, s’adapte pour répondre à ces nouveaux besoins qui ne feront que croître, au retard du vieillissement de la population.

  1. « Favoriser la valorisation des données de l’AP-HP : L’AP-HP a mis en place un entrepôt de données et différents outils permettant de les valoriser ; elle a également conçu un projet autour des données et des maladies chroniques (chroni-city) ; un soutien institutionnel fort à ce projet permettrait à l’AP-HP de convaincre des investisseurs de s’y impliquer »

Oui, mais pas pour les vendre à Google ! En effet, même si l’AP-HP amis en place un comité scientifique et éthique pour surveiller son entrepôt de données, celui-ci ne doit pas être un paravent. L’appel à des « investisseurs » pour « valoriser » les données de l’AP-HP peut être entendu comme une potentialisation de la recherche, mais peut surtout donner lieu à une quantité de dérives: porte ouverte aux organismes de recherche privés, utilisation des données dans des buts moins avouables (assurances, etc.), le tout sous couvert de rentabilisation dans un contexte où la Direction saute sur tout euro disponible.

Comme vous pouvez le constater, il est urgent que les médecins se mobilisent avec les personnels pour s’opposer à cette feuille de route de Martin Hirsch qui va tuer l’AP-HP si nous laissons faire. Notre nombre est notre force. Ne subissons pas les diktats du quarteron qui détient aujourd’hui le pouvoir au niveau de la technostructure médico-administrative qui dirige l’AP-HP.

Le collectif médecins de l’USAP-CGT reviendra vers vous rapidement pour organiser le débat et discuter des formes de mobilisation possibles. Mais vous pouvez dès à présent prendre contact avec nous.

Mise en avant

Décret sur les urgences du 31 mai 2018 : communiqué de la Fédération CGT de la santé et de l’action sociale

image_pdfimage_print

DÉCRET SUR LES URGENCES :
MADAME BUZYN MET LA POPULATION EN DANGER

Une fois de plus, l’argument de la démographie médicale est utilisé pour dégrader le fonctionnement des services d’urgence dans les hôpitaux de proximité. En fait, il s’agit de faire des économies comme toujours.
Ce décret autorise la présence d’un seul et unique médecin la nuit et peut-être la journée pour assurer à la fois les sorties du SMUR et l’accueil aux urgences. Quand le médecin parti avec le SMUR, parfois pour plusieurs heures, il est prévu de laisser seulement une infirmier.ère aux urgences qui devra attendre l’arrivée d’un médecin d’astreinte (pas forcément un urgentiste) et sans précision de son délai d’arrivée
dans le décret.
Il s’agit clairement d’un fonctionnement dégradé qui peut mettre en danger les patient.e.s. En effet, la Ministre utilise une arithmétique simpliste qui ne correspond pas à la réalité de la médecine d’urgence. Le
seul critère du nombre de passages la nuit est utilisé, sans considérer le temps de prise en charge du/de la patient.e, qui est très variable selon la gravité du cas. Un.e seul.e patient.e peut, par exemple, mobiliser
un médecin pendant plusieurs heures avant d’organiser son transfert dans un hôpital disposant du plateau technique nécessaire.
Par ailleurs cette logique est en contradiction complète avec la notion de service de « garde » d’urgence : le rôle du médecin et de l’équipe soignante des urgences n’est pas de gérer l’hospitalisation continue mais
de surveiller la potentielle urgence vitale.
Les normes professionnelles de qualité et de sécurité prescrivent la nécessité que tout.e citoyen.ne soit à moins de 30 minutes d’un service d’urgence par un moyen de locomotion terrestre. A la suite des
fermetures massives d’hôpitaux ces 20 dernières années, il ne reste plus que 650 services d’urgence en France, ce qui ne permet plus de respecter sur tout le territoire ce critère et provoque des inégalités de traitement de la population en fonction de son lieu de résidence.
Cet élément est important, car il s’agit d’un droit constitutionnel qui est bafoué par nos gouvernants !
Ce qui est grave, c’est qu’avant même la publication du décret, certaines Agences Régionales Santé, comme celle de Bourgogne-Franche-Comté, ont déjà engagé le processus dans plusieurs hôpitaux de la région, comme celui de Clamecy.
La publication de ce décret ouvre la porte à une aggravation de la désertification sanitaire dans des territoires déjà très malmenés. Cette situation est inacceptable.
Nous demandons solennellement à la Ministre d’annuler ce décret qui met gravement en danger la population et impose des conditions d’exercice inacceptables pour les médecins et les personnels soignants intéressés.
La Fédération CGT de la santé et de l’action sociale se donnera tous les moyens, y compris judiciaires, avec les personnels, les citoyens et les élus locaux pour que la population puisse bénéficier d’un réseau de services d’urgence de proximité dans les territoires, fonctionnant en toute sécurité, avec des médecins présents en nombre suffisant 24 H sur 24.
Montreuil, le 4 juin 2018

Mise en avant

SOUTIEN AUX COLLÈGUES DE L’EPSM D’ALLONNES DANS LA SARTHE

image_pdfimage_print

La CGT élève une ferme protestation contre l’entêtement irresponsable et dangereux du directeur général de l’ARS Pays-de-la-Loire visant à forcer l’Etablissement Public de Santé Mentale d’Allonnes à intégrer le GHT de la Sarthe contre l’avis unanime de la direction et des instances de cet établissement, ainsi que des élus locaux et des représentants des usagers. Ces derniers ayant proposé un partenariat avec le GHT afin que la spécificité de la psychiatrie soit mieux prise en compte, l’ARS y répond par la confrontation sans que le ministère n’y trouve à redire ! Probablement en lien avec L’Agence, le Trésor Public a bloqué le paiement de factures en règlement de fournisseurs et prestataires de l’EPSM. Sans la réquisition du comptable par le directeur, des services comme la livraison de médicaments et la collecte de déchets médicaux auraient été suspendus au détriment de la santé des patient.e.s et du fonctionnement de l’établissement. QUELLE TRISTE CONCEPTION DE LA DEMOCRATIE SANITAIRE ET DU DIALOGUE SOCIAL !! Face à un tel autoritarisme dénué de tout scrupule n’hésitant pas à mettre en danger les usagers et l’avenir de l’EPSM de la Sarthe, la CGT :

 Soutient les instances dirigeantes de l’établissement refusant d’adhérer au GHT de la Sarthe,

 Exige le retrait de toute mesure susceptible de porter atteinte à la santé des usagers et aux conditions de travail du personnel,

 Appelle au respect des décisions des établissements relatives aux GHT,

 Confirme son opposition résolue aux restructurations de l’offre de soins entreprises sous le couvert des GHT et qui n’ont d’autres objectifs que la réduction des capacités sanitaires publiques, l’intensification du travail au détriment de la qualité des services rendus à la population et la réduction des effectifs de personnel.

Montreuil, le 1er mai 2018

Mise en avant

Non au fonctionnement dégradé des services d’urgence !

image_pdfimage_print
Voici l’interpellation des membres du Comité national de l’organisation sanitaire et sociale devant donner un avis sur un décret modifiant le Code de la santé publique autorisant l’ouverture d’un service d’urgence avec un seul médecins pour assure l’accueil et les sorties SMUR.
Mesdames et Messieurs les membres de la section sanitaire du CNOSS,

Il n’est pas habituel de vous interpeller directement, mais l’ajout d’un projet de décret concernant l’organisation des urgences à l’ordre du jour de votre prochaine réunion, nous incite à réagir rapidement.

Le communiqué de presse joint ci-après vous résume notre position.

Il est utile d’ajouter quelques éléments d’argumentation.

Ce décret arrive en urgence pour valider la promesse du DG de l’ARS Bourgogne-Franche-Comté de laisser ouvert H24 des services qu’il proposait de fermer la nuit.

Devant l’ampleur de la contestation, il a été obligé de reculer, mais il propose de ne laisser qu’un seul médecin pour assurer l’accueil des urgences, les sorties SMUR et la sécurité des patients hospitalisés. Lors du départ de ce médecin avec le SMUR, il serait remplacé par un médecin d’astreinte à son domicile. Rien n’est précisé sur sa qualification en médecine d’urgence ni sur le délai d’arrivée dans le service où ne restera qu’une infirmière. Cette situation met clairement en danger les patients.

Ce qui ne devait qu’être l’exception, dans certaines zones de montagne par exemple, deviendrait la règle avec ce décret modifiant le Code de la santé publique. En effet, la modélisation proposée par la DGOS concerne les services d’urgence jusqu’à 20 000 passages par an. Pour nous, il n’y a aucune raison de modifier le texte actuel qui est déjà suffisamment large pour s’adapter aux réalités territoriales.

Un autre élément à prendre en compte est le fait qu’un grand nombre de services d’urgences ont des difficultés pour assurer une présence médicale suffisante pour cet été. Si ce décret est publié immédiatement, il ne sera plus possible de s’appuyer sur des textes opposables pour réclamer des moyens supplémentaires, car ainsi est validé légalement un fonctionnement dégradé de ces services. Il faut insister sur le fait que le gouvernement veut ainsi éviter les recours en justice pour défaut de moyens qui risquent de se multiplier.

Les médecins concernés n’accepteront pas de travailler dans ces conditions et fuiront ces services, ce qui sera un argument supplémentaire pour les fermer.

Par ailleurs, il ne reste plus aujourd’hui en France qu’environ 650 services d’urgences, ce qui ne permet même pas d’assurer la sécurité de la population reposant sur des critères définis par les sociétés professionnelles, qui indiquent qu’aucun citoyen ne doit être à plus de 30 minutes d’un service d’urgences par un moyen de locomotion terrestre (l’hélicoptère restant un option limitée !).
Enfin, l’argument de la pénurie médicale (sciemment créée par le maintien d’un numerus clausus très bas pendant des années) est mis en avant, alors que la première motivation est économique en supprimant des lignes de gardes et en vidant les hôpitaux de proximité de leur substance. La priorité actuelle est de discuter des mesures qui permettent d’éviter la fuite des médecins urgentistes présents sur le terrain et de mettre en place des plans régionaux de résorption des inégalités, tant au niveau géographique qu’au niveau des spécialités.

Ainsi l’AMUF est formellement opposée à ce décret et vous invite à émettre un avis négatif.

Cordialement,

Dr Christophe Prudhomme

Porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France

Membre de la commission exécutive de la Fédération CGT de la santé et de l’action sociale

AMUF
Communiqué de presse du 5 avril 2018
L’AMUF rejette le projet de décret d’organisation des services d’urgences et dénonce une manipulation du gouvernement
A la veille de la période estivale nous découvrons que le gouvernement veut modifier le décret sur l’organisation des urgences, ce qui constituerait une mise en danger des patients ayant recours au service public et une dégradation des conditions de travail des praticiens
Après une concertation de dupes, en découvrant ce projet de décret, l’AMUF se sent trahie.

​​
L’AMUF ne peut valider des évolutions réglementaires qui ne

​​

laisseraient, dans de nombreux hôpitaux, plus qu’un seul médecin devant assurer à la fois l’accueil des urgences et les sorties SMURs.

L’AMUF réaffirme qu’un service d’urgence, dans un hôpital public, doit être ouvert H 24 avec une présence médicale permanente et adaptée. Elle refuse la transformation des services d’urgences en centres de soins non programmés. Elle exige que ceux déjà existants redeviennent des services d’urgence à part entière. En effet ces évolutions pourraient entraîner la fermeture à terme de près de la moitié des services d’urgences.
En même temps ! Nous appelons les citoyens et leurs élus à nous soutenir pour refuser cette régression et cette limitation de l’accès aux soins.
Mise en avant

Journée d’action dans la Fonction publique le 22 mai : les médecins hospitaliers aussi sont concernés.

image_pdfimage_print

https://mail.google.com/mail/u/0/?ui=2&ik=ca295d297a&view=att&th=162cedf75d090203&attid=0.2&disp=inline&safe=1&zw

Unité syndicale la plus complète pour s’opposer aux projets du gouvernement Macron de démantèlement de la Fonction publique.

Mise en avant

Lettre ouverte aux citoyen(ne)s pour la défense de l’hôpital public

image_pdfimage_print

http://www.sante.cgt.fr/IMG/pdf/lettre_ouverte_citoyen.ne.s_300318_.pdf

ENSEMBLE, SAUVONS L’HÔPITAL PUBLIC

Depuis quelques années, avec une accélération ces derniers mois, la presse se fait l’écho d’événements inacceptables survenant dans nos hôpitaux publics : urgences débordées, manque de lits, fermetures de services et d’hôpitaux, sous-effectifs chroniques dans les EHPAD… La liste est longue des constats d’une dégradation de la situation d’accueil et de prise en charge. Les conséquences sont catastrophiques pour les personnels avec la multiplication des cas de burn-out et de suicides sur le lieu de travail. Alors que le rôle des soignant.e.s est de soulager la souffrance des autres, le fait de souffrir eux-mêmes d’une perte de sens dans leur travail représente une catastrophe. Cet état des lieux est la conséquence des politiques de rigueur qui étranglent financièrement les établissements publics. D’année en année, nous devons faire plus avec moins et, à force de tirer sur la corde, celle-ci est en train de craquer. Le discours de la ministre de la Santé qui se veut rassurant, avec de grandes déclarations sur le fait que l’hôpital n’est pas une entreprise, est contredit dans les faits avec une loi de finance de la Sécurité Sociale pour 2018 qui demande encore plus d’économies ! La ministre et le gouvernement nous mentent, vous mentent. Un véritable enjeu de société se joue. Quelle politique de sante voulons nous pour nous, nos enfants, nos patient.e.s, nos résidents, nos personnes âgées ? La santé n’est pas une marchandise et l’hôpital ne peut pas être géré comme une entreprise. C’est pourquoi nous avons besoin d’un véritable plan de remise à niveau et de de développement du service public hospitalier. Nous exigeons :

 un moratoire à toute fermeture de lits, des services et d’hôpitaux ;

 un arrêt des plans d’économie, dits plans de retour à l’équilibre, qui se traduisent systématiquement par des suppressions de postes. Nous proposons :

 la mise en place d’un grand plan d’emploi et de formation des personnels toutes catégories confondues des aides-soignant.e.s aux médecins (il faut rappeler que pour les seuls EHPAD et l’Aide à domicile, les besoins sont chiffrés entre 200 000 et 300 000 emplois pour simplement être au même niveau que certains de nos voisins en Europe) ;

 la suppression immédiate de la taxe sur les salaires, impôt injuste prélevé sur les hôpitaux, qui représente 4 milliards d’euros, soit l’équivalent de 100 000 emplois (il faut rappeler que le choix du gouvernement a été de supprimer l’ISF qui rapportait exactement ce montant à l’État) ;

 le développement de centres de santé rattachés aux hôpitaux avec des médecins et des personnels salariés sous statut qui permette de répondre à la désertification des territoires et aux besoins de la population, tant au niveau de l’offre de santé en ville que dans les hôpitaux de proximité.

Comme vous le savez, quand les personnels hospitaliers font grève, ils portent un badge mais continuent à vous soigner et à assurer le bon fonctionnement du service public.

C’est pourquoi, nous vous demandons de nous soutenir et d’appuyer nos revendications en signant la pétition adressée au Président de la République : « Défendre le service public c’est donner à tout le monde la possibilité d’être soigné »

Mise en avant

Rencontre nationale de la psychiatrie, mars 2018, intervention de Stéphane Barbas, pédopsychiatre

image_pdfimage_print

REPRENDRE POSSESSION DE NOS PRATIQUES EN PSYCHIATRIE

 Rencontres nationales de la psychiatrie, Montreuil  21 mars 2018

La politique d’austérité s’accompagne d’une remise en cause des pratiques soignantes en psychiatrie, toutes professions confondues.

Moins de temps, moins de moyens, mise en place de protocoles, glissement de tâches…

A ceci s’ajoute la mise en opposition des pratiques (TCC contre  psychanalyse), la référence exclusive au DSM au détriment de la clinique, le recours systématique aux psychotropes… sous prétexte d’efficacité scientifique, ou plus ou moins avoué : de gain de temps.

Dans un contexte sécuritaire, on voit exploser le recours à la contention et aux soins sous contrainte, entraînant des maltraitances répétées comme en attestent les révélations récentes sur le CHU de St Étienne.

La mise en question des pratiques de la psychiatrie ne se limite pas aux services de psychiatrie stricto sensu,  ce sont  tous les lieux accueillant des patients justifiant de soins psychiatriques qui sont concernés : les urgences, le médicosocial, les EHPAD ou les prisons…

La défense de nos pratiques est un enjeu syndical.

1 ) On assiste à une PROLETARISATION de nos professions.

Celle-ci se définit sur 3 critères :

  • Recherche de la rentabilité et la productivité des actes, sur le modèle de l’hôpital entreprise. La dimension réelle du soin est cachée dans son essence comme l’est la création de la valeur dans le processus de travail. C’est toujours la dimension humaine qui est occultée. Le soin devient alors une marchandise, il est source de plus-value.
  • Par la dépossession de nos savoirs (Marx/Stiegler, Danger des protocoles opposés au savoir-faire et à l’expérience. Les protocoles justifient une déqualification des professionnels (ex. méthode ABA)
  • Mais aussi dépossession de notre langage par la « novlangue » managériale. On aliène les consciences par le pouvoir de la langue (V. Kemplerer). Notre outil de travail en psychiatrie repose sur les mots. Sans compter les conséquences sur la souffrance au travail qui ne peut plus s’exprimer que dans une langue consensuelle.

2 )  LA FORMATION

La question  de la formation est cruciale.

Un tournant négatif de la psychiatrie  a été contemporain de la disparition des diplômes spécifiques (infirmiers et psychiatres).

Il s’agit d’apprendre un métier avec une formation qui se prolonge durant toute la vie professionnelle.

La formation est académique et universitaire  mais elle s’appuie aussi  sur le compagnonnage et l’expérience.

Un métier n’est pas une liste de compétences, c’est ce qui donne une identité professionnelle.

« L’esprit managérial impose des normes sans tenir compte des métiers » écrit la sociologue Danielle Linhart.

La formation actuelle des cadres suppose l’abandon de leur identité professionnelle selon les stratégies du NMP.

La formation des médecins est le plus souvent limitée aux centres universitaires où les sciences humaines sont marginalisées.

La pratique du secteur doit être intégrée dans les formations. Le secteur fait partie de l’identité des praticiens de la psychiatrie comme l’indiquait le titre d’infirmier de secteur psychiatrique ».

Il faut que tout le service public de psychiatrie soit un terrain de formation pour les futurs professionnels.

3 )  QU’EST-CE QU’ÊTRE SOIGNANT ?

L’identité professionnelle est mise à mal par cette logique du management.

La protection des statuts est essentielle  pour garantir la reconnaissance et l’indépendance professionnelle.

Au-delà du statut, il faut aussi s’interroger sur le sens du travail.

Un soignant ça n’existe pas… sans équipe. La psychothérapie institutionnelle nous a appris aussi que le statut ne se confond pas avec le rôle ou la fonction .

C’est le collectif qui porte la fonction soignante. Les compétences thérapeutiques s’expriment grâce à un processus d’intégration dans une équipe.

Il s’agit de transfert de travail (au sens psychanalytique), ou d’ identifications mutuelles (Tony Lainé).

D’où la nécessité de partager les pratiques .Ce qui suppose des échanges, des réunions de synthèse ou de supervision.

Cette dimension de l’équipe dans sa fonction intégrative du processus thérapeutique est essentielle pour ne pas limiter uniquement les compétences des soignants à des capacités individuelles, ce qui permettrait leur interchangeabilité d’une équipe à une autre.

Mais le collectif soignant est mis à mal aujourd’hui. Le management préconise l’individualisation des compétences. Chaque soignant est potentiellement un auto-entrepreneur.

On pourrait aussi décliner trois dimensions de la fonction soignante : l’exercice, l’expérience et la pratique que Didier Houzel applique à la parentalité.

Souvent on limite la fonction soignante à sa pratique, oubliant l’expérience qui est la dimension subjective et l’exercice qui est celle de la transmission ou de la filiation. Il ne s’agit pas seulement d’acquérir un savoir mais de le tenir d’un autre, dans une relation transférentielle. Le transfert de travail comme  la transmission transférentielle du savoir sont totalement ignorées des nomenclatures de bonnes pratiques.

4 )  AVONS-NOUS RÉELLEMENT LE CHOIX DE NOS PRATIQUES ?

Le recours à la contention, le nombre de malades en soins sous contrainte et le manque d’effectifs semblent laisser peu de marge de manœuvre

Dans le discours dominant actuel, les piliers des bonnes pratiques  mis en avant  sont la médecine par les preuves (par l’épreuve?), l’évaluation et la bientraitance.

Les bonnes pratiques basées sur les preuves

Le discours sur les « bonnes pratiques » sert à nous imposer des pratiques standardisées qui seront vendues par le biais des agences de santé suivant les recommandations de la HAS (d’où vient madame Buzyn). Les méthodes validées « scientifiquement » sont vendues comme des « marques » (Laurent  Mottron, L’intervention précoce pour enfants autistes,  2016)

Curieusement A. BUZYN, au récent congrès de l’Encéphale, apportait (ingénument ?) de sérieuses réserves sur la réalité de l’apport des neurosciences.

Pouvoir de séduction d’un discours pseudo scientifique dont on peut montrer l’inanité. (Xavier Briffault, Santé mentale santé publique. Un pavé dans la mare des bonnes intentions, 2016).

Mais c’est pourtant sur ce discours  que la HAS fonde ses recommandations.

Selon cette conception  ni la clinique ni les pratiques thérapeutiques ne peuvent être génératrices de connaissances nouvelles.

L’évaluation

Elle s’applique avant tout aux individus dans un but de contrôle.

Mais qui évalue les évaluateurs ?

Par contre, les besoins et les politiques de santé  ne sont jamais réellement évalués.

On confond  études épidémiologiques et études de marché. Par le biais des ARS les appels d’offre se substituent à l’évaluation des besoins.

Cette évaluation  devrait pourtant être le point de départ de la discussion sur l’attribution des moyens.

La question de la beintraitance

C’est la seule réponse au vécu des soignants qui ont trop souvent le sentiment de mal faire leur travail ou d’être empêchés de bien travailler. De plus en plus de soignants vivent un conflit entre leurs valeurs et les injonctions qu’on leur donne. Conflit source reconnue de souffrance au travail.

Il est important de pointer le lien entre maltraitance infligée et maltraitance subie.

En fait de bientraitance il s’agit souvent plutôt de sous-traitance.

On soustraite la folie dans le social ou le médico-social.

On soustraite la psychose en prison.

En fait on sous traite, autrement dit on maltraite.

La référence incantatoire à la bientraitance sert à masquer la maltraitance réelle.

Il faut rappeler que le principe éthique fondamental est l’obligation de MOYENS, qui a été au fil du temps remplacée par une obligation de résultats.

6 )  RÉSISTER

Il faut commencer par démystifier le discours dominant et la capacité de l’idéologie libérale à récupérer les idées novatrices dans un sens détourné ou galvaudé voire perverti

D’abord éviter quelques confusions

Désinstitutionnalisation   = suppression de lits

Le secteur = territoire de santé mentale

Continuité des soins = parcours de soins

Les « potentialités thérapeutiques contenues dans le peuple » (Bonnafé) = les pairs aidants.

Les soins en extrahospitalier = virage ambulatoire (le « mirage ambulatoire » dit Pierru).

L’humanisme lui-même peut être revendiqué par certaines formes de l’antipsychiatrie contemporaine (ENUSP, European network of users and survivors of psychiatry) dans un déni de la psychopathologie ou par des cliniques privées (comme le Groupe INICEA pour une « psychiatrie à visage humain ») surfant sur une mauvaise image de la psychiatrie publique.

D’où la nécessité d’une vigilance critique sur les termes qui sont employés et leurs effets de séduction.

« Les chemins de l’enfer sont pavés de bonnes intentions » disait Bonnafé

Résister, c’est s’opposer aux pratiques managériales généralisées

Défendons notre langue, celle des soins contre la « novlangue » des managers.

Il faut rétablir l’identité soignante des cadres et des médecins égarés dans  la recherche de petits pouvoirs. Les petites lâchetés sont parfois plus utiles aux politiques totalitaires que les grandes perversions.

Combattre les stratégies de division entre les soignants

« Diviser pour mieux régner » a toujours été le ressort du pouvoir pour imposer sa domination. « Tenir les sujets épars, c’est la première maxime de la politique moderne » disait Rousseau

Résister c’est aussi démystifier les arguments soi-disant scientifiques

Il faut dénoncer l’imposture des soit disant preuves scientifiques pour nous imposer d’autres pratiques. Il faut redonner la place centrale à la clinique.et à la créativité soignante. Cette créativité est indispensable face à la singularité de chaque situation clinique. Le trouble psychiatrique ne peut être réduit à un trouble …à l’ordre public, pas plus qu’on ne peut réduire la vie d’un être humain à une succession d’événements. L’existentiel prime sur l’événementiel.

La psychiatrie basée sur les preuves est une composante du NMP qui vise à promouvoir une autre « culture » du soin. Nous sommes sommés d’oublier notre culture, notre langue et notre histoire. Dans une logique quasi coloniale. Nous devons donc nous réapproprier les valeurs de notre langue, celle du soin et de la clinique et les leçons de notre histoire celle du désaliénisme de la psychothérapie institutionnelle et de secteur. A la  clinique de la science il faut opposer une clinique de la pas-science/patience.

CONCLUSIONS

Le rôle du syndicat est de mobiliser le collectif de travail autour de la question du choix des pratiques et du contenu des formations. Il faut se réapproprier notre culture du soin héritée de la psychothérapie institutionnelle et des pratiques du secteur.

Les questions autour des pratiques ne doivent pas être limitées aux seuls services de psychiatrie. Aujourd’hui, ce sont des professionnels d’autres champs qui accueillent les patients de la psychiatrie .L’isolement des partenaires favorise les attitudes de rejet, déjà entretenues par les clivages administratifs, et favorise le sentiment de dépossession des professionnels dans leur propre champ de compétence.

La défense d’un grand service public de la santé et de l’action sociale que propose la CGT  ne signifie pas, pour autant, qu’il faut défendre le statu quo.

C’est d’un service public de la santé et de l’action sociale rénové de manière démocratique dont nous avons besoin.

Il faut remettre en question les tutelles. Les ARS doivent être supprimées, leur statut  d’agence les prédisposent à être les fondés de pouvoir du privé, elles commercialisent les « marques » des méthodes pour en imposer la pratique, comme on l’a vu avec le plan autisme . Quant à la HAS elle ne pourra jamais se débarrasser des suspicions de conflits d’intérêts sur ses « experts ».

Les guides de « bonnes pratiques » promus par ces officines dédouanent le pouvoir des conséquences de sa politique d’austérité.

Alors que de plus en plus nombreuses études dénoncent les conséquences maltraitantes pour les patients comme pour les soignants du management d’entreprise appliqué à l’hôpital il y a un entêtement des pouvoirs publics à persister dans cette voie. On ne peut l’expliquer que parce que l’objectif est bien la casse du service public de santé.

Il est vrai aussi que le NMP a été une opportunité pour donner une illusion de modernité à des tutelles et des décideurs pétris d’une tradition de bureaucratie féodale.

Les innovations en matière de psychiatrie, de psychothérapie institutionnelle ou de pédagogie institutionnelle, se sont souvent faites le plus souvent en opposition à cette bureaucratie (Oury, Mannoni, Deligny, Freinet…).

Le service public que l’on défend  reste à construire. Le secteur lui-même reste encore pour une grande part  une utopie

Au-delà de la défense de sa spécificité, l’avenir de la psychiatrie, n’est pas coupé de l’avenir de la médecine, ne serait-ce que parce qu’il dépend de l’avenir de la protection sociale.

On a voulu mouler les soins  psychiatriques sur le modèle MCO des pathologies aiguës et des courts séjours,  valorisant des pratiques soignantes à haute technicité.

Mais ce modèle qui a séduit beaucoup de médecins, risque d’être mis aussi en question face à l’évolution des pathologies de plus en plus complexes, multiples et chroniques.

L’efficacité à court terme,  l’hyperspécialisation et  l’ hyper technicité  ne peuvent plus être les modèles du « développement durable » de la médecine.

Il faut donc revaloriser les professions sur d’autres critères prenant davantage en compte le temps , la disponibilité et la dimension relationnelle du soin. Le secteur et les CMP préfigurent ce que devrait être le système de santé avec des centres de santé.

En cela, la psychiatrie pourrait à son tour devenir une référence pour toute la médecine.

La psychiatrie est, d’une certaine manière, l’avenir de la médecine, comme on dit que la femme est l’avenir de l’homme.

Stéphane BARBAS

Pédopsychiatre hospitalier

Membre de la commission nationale de psychiatrie et du collectif médecins de la Fédération CGT de la santé et de l’action sociale

Mars 2018

Mise en avant

Plus de 1000 médecins hospitaliers ont signé une lettre ouverte à la Ministre de la santé

image_pdfimage_print

Communiqué suite à la conférence au Palais du Luxembourg

 

Nous 52 médecins parmi les 1130 signataires à ce jour de la lettre ouverte du 18/09/2017 à Mme la Ministre de la santé, réunis ce jour au Palais du Luxembourg à Paris réaffirmons notre exigence d’être reçus par Mme Buzyn.

Nous constatons que la Ministre contrairement à son discours de façade affirmant qu’elle ouvre une concertation avec le monde hospitalier n’a toujours pas répondu à notre demande de rendez-vous. Face à la situation catastrophique des hôpitaux, nous considérons que les annonces du 13 février faites par Édouard Philippe sont une poursuite de la politique du rouleau compresseur qui écrase l’hôpital public et a motivé notre mobilisation. Il est nécessaire de mettre un coup d’arrêt à cette politique qui ne nous permet pas de prendre en charge correctement nos patients.

Nous demandons un arrêt des plans d’économie qui se traduisent par des suppressions de poste. Nous demandons un moratoire sur les fermetures de lits, des services, des hôpitaux ainsi que l’arrêt des regroupements dans le cadre des GHT.

En l’absence de rendez-vous, nous envisagerons toutes les actions utiles pour être reçus et entendus.

 

 

Mise en avant

Stratégie de Transformation du Système de Santé : UN CATAPLASME SUR UNE JAMBE DE BOIS

image_pdfimage_print

Stratégie de Transformation du Système de Santé :
UN CATAPLASME SUR UNE JAMBE DE BOIS

Le 13 février 2018, le Premier ministre et la ministre de la Solidarité et de la Santé ont présenté leur « Stratégie » dans un contexte de tensions extrêmes pour les professionnel. le.s et les patient.e.s.
Aucune mesure n’est envisagée pour remettre réellement le patient et le professionnel au coeur de la prise en charge, avec les moyens nécessaires.
Imaginer que la proximité du médecin généraliste comme premier recours solutionnera tous les problèmes est un leurre. Les patients connaissent déjà bien des difficultés à trouver un médecin, autant à la campagne qu’en ville, ce n’est donc pas la médecine de ville qui va résoudre tous les problèmes de prise en charge.
La CGT réclame depuis longtemps l’ouverture du numérus clausus de formation universitaire médicale pour enrayer la pénurie de praticiens généralistes ou spécialistes.
Appuyer une nouvelle stratégie de santé sur «du vide» aura des conséquences immédiates pour la population, y compris financières.
La concertation qui va s’engager à partir du mois prochain pour une ridicule durée de 2 mois laisse l’ensemble des professionnel.le.s amer.e.s et indigné.e.s par l’attitude du gouvernement ; il aura fallu
10 mois pour que la ministre de la santé reçoive la première organisation syndicale représentative des salarié.e.s de ce secteur.
Vouloir résoudre les difficultés rencontrées par des solutions totalement décalées des réalités est loin de répondre aux besoins des usagers qui subissent tous les jours les pénuries de notre système de santé. Le mal être au travail des professionnel.le.s, auxquel.le.s on va demander des dépassements de compétences (dites « pratiques avancées ») ne sera pas réglé par la mise en place d’un observatoire de la qualité de vie au travail, qui relève du mépris et de l’enfumage.
Pour ce qui est du dialogue social, il est à la hauteur de la stratégie jusque-là pratiquée par ce gouvernement qui ignore les organisations syndicales représentatives, ce projet n’y faisant référence à aucun moment.
Nous comptons bien nous imposer dans ce débat, avec les personnels qui subissent au quotidien le manque de considération de leurs conditions de vie et de travail ainsi qu’avec les usagers qui sont les premières victimes d’une gestion purement comptable du système de santé.
Le Premier ministre et la ministre de la santé ont bien l’intention également d’appliquer les mesures prévues par le Comité d’Action Publique 22 (CAP 22) aux agents de la FPH.
Pour toutes ces raisons, la Fédération CGT Santé et Action Sociale, première organisation dans le secteur public, ne manquera pas d’exprimer haut et fort ses propositions et ses revendications pour les professionnel.le.s et les usagers de notre système de santé lors des prochaines mobilisations dans les EHPAD et le 22 mars dans la Fonction publique.
Montreuil, le 15 février 2018.

Mise en avant

Pétition pour soutenir la journée d’action des personnels des EHPAD du 30/01/2018

image_pdfimage_print

Tribune-pétition sur change.org : https://www.change.org/p/dignit%C3%A9-des-personnes-%C3%A2g%C3%A9es-des-moyens-pour-nos-ehpad?recruiter=466019338&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink&utm_campaign=share_petition

Pour la dignité des personnes âgées et le respect des soignants, nous exigeons des moyens pour les EHPAD.

Nous, soignants de toutes professions, de toutes les régions de France, au nom de l’engagement humain de notre métier, il est de notre devoir d’alerter le ministère de la santé et le gouvernement sur l’insuffisance des effectifs et des moyens dans les établissements accueillant des personnes âgées (EHPAD) et dans les services d’aide à domicile.

La réforme de la tarification introduite par la Loi vieillissement dite « ASV », qui va se traduire par des suppressions massives de postes, est unanimement rejetée par les personnels soignants et leurs syndicats.

Les établissements accueillant des personnes âgées (EHPAD) et les services d’aide à domicile rencontrent de graves difficultés mettant en jeu la santé des résidents et des personnels soignants.

De nombreux EHPAD ont entamé des grèves dénonçant le sous-effectif, le manque de moyens humains et financiers et parfois les actes de maltraitance aux personnes âgées, conséquences directes de ces problématiques chroniques.

Malgré ces alertes, le Président de la République a refusé de recevoir une délégation des signataires de la lettre commune du 19/10/7 et du 07/12/17 initiée par les syndicats représentatifs du secteur.

La Ministre de la santé considère que les difficultés des EHPAD seraient dues à « un problème de management ».

Nous, soignants, exerçant notre métier chaque jour, au cœur de l’humain, condamnons ces déclarations qui ont pour objectif d’occulter la baisse des moyens alloués aux établissements dont les personnels sont déjà malmenés. Démissions, arrêts de travail, affections somatiques et psychiatriques des personnels soignants en mal d’humanité sont déjà les conséquences d’une vision marchande de notre système de santé.

Nous soignants, ne pouvons tolérer les dysfonctionnement de ces structures qui, faute de personnel et de présence médicale, n’ont d’autre choix que de transférer les résidents dans les services d’urgence, où ils patientent des heures sur des brancards dans des conditions indignes.

Nous soignants, nous soutenons la journée nationale d’action du 30 janvier 2018 ayant pour objectif d’améliorer l’accompagnement, les services et les soins envers les personnes âgées indissociables de l’amélioration des conditions de travail des professionnels, en exigeant du gouvernement qu’il réponde aux revendications de l’intersyndicale :

  • application du dispositif prévoyant un agent par résident, tel que prévu par la Plan Solidarité Grand Age ;
  • abrogation des dispositions législatives relatives à la réforme de la tarification des EHPAD, contenues dans la loi du 28 décembre 2015 ainsi que le retrait des décrets d’application ;
  • arrêt des baisses de dotations induites par la convergence tarifaire et exige par conséquent le maintien de tous les effectifs des EHPAD y compris les contrats aidés, qui doivent être intégrés et sécurisés ;
  • amélioration des rémunérations, des perspectives professionnelles et de carrières, dans le cadre du Statut et des conventions collectives nationales

Christophe Prudhomme (Médecin Urgentiste), Patrick Pelloux (Médecin Urgentiste), Sabrina Ali Benali (Interne en Médecine des Hôpitaux de Paris)
Premiers signataires soignants :

Alo Stéphanie, ASH (35); Buisson Cassandra, IDE en Ehpad (83) ; Audrey Baetsle, AS en soins palliatifs (73); Bouffard Patrick, Cardiologue (75); Annabelle Bouthors AS en EHPAD (21); Bouzier Céline, AS en EHPAD (16); Christelle Brignone AS en EHPAD (13); Calvez Céline, AS (72); Sandra Candelier, IDE en EHPAD (57); Carles delphine, AS en EHPAD(21); Cervantes Aurélie, AMP en Ehpad (42); Clotilde Charron, AMP en EHPAD, (17); Depoire Nathalie et Eric Audouy, présidente et vice président de la Syndicat Coordination Nationale Infirmier; Clergue-Duval Virgile, Assistant spécialiste Hospitalier (75); Crocis Sophie ASH en ehpad (01); Delvert Lucie IDE en EHPAD,(46); Degouys Marie, IDE en EHPAD (59); De Kerleau jenny ex-Ide Ehpad (39); Dorget severine IDE en EHPAD (21); Dubeuil Patrick, médécin généraliste (75), Durand Jeremy AS en EHPAD (53); Gerard Amélie AS en EHPAD (90); Goupillot Justine, AS en EHPAD (14); Guillemot Sylvie, AVS en maintien à domicile (89); Hattab Martine AS de nuit en Ehpad (01); Ghislaine Hidalgo AS médecine gériatrique; Jacob Anne, AS en EHPAD (21); Jeanselme Catherine, AS en EHPAD, (67); Quehe Aurélie, IDE en EHPAD, (29); Ladriere Fiona, AS en EHPAD, (59); Malinowski Sylvie IDE EHPAD (21); Florence Marc, IDE en Ehpad(14); Amélie Mercier, Aide Medico Psychologique en Ehpad, (39); Hėloïse Milin, AS en EHPAD (29); Morcelet Aline, As en EHPAD (17); Annick Ott IDE en EHPAD( 68) ; Pelletier Emilie, Ide en Ehpad (05); Véronique Rachas, AS en Ehpad, (12); Roussin Peysson Laury AS en EHPAD (26); Siedlecki Marianne, IDE (51); Stéphanie Vellas, AS (12); Wozniak Priscilla, AS (56)

Avec le soutien de personnalités (par ordre alphabétique)  :

Nicolas Brault, Docteur en Epistémologie- Enseignant en prépa Santé; Bruno Gaccio comédien, scénariste, ancien directeur des Guignols de l’Info ; Gombin Joël, politologue; Roland Gori, psychanalyste, professeur honoraire de psychopathologie à Aix Marseille Université ; Caroline Fiat, Aide soignante et députée France Insoumise; Emmanuel Hirsch, Professeur d’éthique médicale- Université Paris-Sud; Jean Pierre Jeudy, Maire honoraire de Carhaix Plouguer; Kaddour, chanteur du groupe HK et les saltimbanques; Aude Lancelin, journaliste au « Média »; Yvan Le Bolloc’h, acteur et musicien; Frédéric Pommier, journaliste à France Inter; Xavier Mathieu, comédien , ex CGT Conti; Michel Claude, cadre hospitalier; Gilles Perret, documentariste et réalisateur du film La Sociale; Ruffin François, journaliste, réalisateur de « Merci Patron », Député France Insoumise; Thomas VDB, comédien.

Cette pétition sera remise à la Ministre de la Santé

Mise en avant

Non, les services de psychiatrie ne sont pas aux ordres du ministère de l’Intérieur

image_pdfimage_print
Vous trouverez avec le lien ici le communiqué de presse de la Commission nationale de la psychiatrie de la Fédération CGT de la santé et de l’action sociale en réaction à la circulaire de l’ARS de la région PACA demandant aux hôpitaux de la région, par le biais de l’encadrement, de faire signer à des patient.e.s hospitalisé.e.s sous contrainte leur notification d’obligation de quitter le territoire afin de la transmettre à la Préfecture.
Devant les multiples protestations qu’à soulevées cette initiative, le Ministère de la santé a demandé au DG de l’ARS d’annuler cette demande. Il n’en reste pas moins que cette initiative est la conséquence de l’application par des employés zélés de l’ARS de directives gouvernementales qui sont inacceptables et que nous n’accepterons jamais.
http://www.sante.cgt.fr/Non-les-services-de-psychiatrie-ne-sont-pas-aux-ordres-du-ministere-de-l
Mise en avant

Une protection sociale solidaire pour tous

image_pdfimage_print

Le lien suivant vous donne accès à l’ensemble des propositions de la CGT concernant la protection sociale : http://cgt.fr/-Une-protection-sociale-solidaire-pour-tous-.html?var_mode=calcul

  • Système de santé.
  • Médicament
  • Perte d’autonomie.
  • Famille.
  • Retraite.

Alors que la réforme des retraites promise par Macron se profile à l’horizon, il est utile de s’armer d’arguments pertinents pour contrer la réforme régressive qui se prépare et qui vise à ouvrir le marché des fonds de pension.

Mise en avant

Mesures d’économie, la ministre de la Santé enfonce le clou

image_pdfimage_print

Mesures d’économie, la ministre de la Santé enfonce le clou

« Il y aurait une marge de manœuvre importante », « 30% des dépenses ne seraient pas pertinentes », voici comment la ministre de la Santé essaie de justifier les 3 milliards d’euros d’économie espérés sur les comptes de l’assurance maladie.

Parmi les mesures phares, le développement de l’hospitalisation ambulatoire qui d’ici 2022 devra concerner 7 patients sur 10.  Cette approche comptable qui vise à réduire le nombre de lits qui « ne servent à rien » ne va qu’accroître la saturation des urgences et l’inégalité d’accès aux soins sur le territoire.

Avec l’expérimentation de la facturation au forfait, ce sera à l’établissement hospitalier de couvrir l’intégralité de la prise en charge jusqu’à guérison, de payer les actes de soins de suite dispensés par le professionnel libéral sans prise en compte d’éventuelle rechute et ré hospitalisation. C’est un nouveau coup porté à la démocratie territoriale et à la qualité du service rendu aux usagers au regard des moyens humains et matériels dont vont disposer les établissements de santé.

Continuer la lecture de « Mesures d’économie, la ministre de la Santé enfonce le clou &rquo;

Mise en avant

Déserts médicaux – La ministre de la santé fait fausse route !

image_pdfimage_print

DÉSERTS MÉDICAUX

La ministre de la Santé fait fausse route !

vendredi 13 octobre 2017

Depuis près de 20 ans, les gouvernements se succèdent avec des plans pour trouver une solution à la désertification, qui s’avèrent être tous un échec. En effet, si le nombre total de médecins n’a jamais été aussi important, le nombre de médecins généralistes continue inexorablement de diminuer et leur répartition sur le territoire est de plus en plus inégale. À cela s’ajoute la fermeture des hôpitaux de proximité qui aggrave la situation.
On peut s’interroger sur les raisons de cet échec.
La CGT, pour sa part, juge qu’il existe un refus de considérer que la santé doit relever d’une mission de service public et être prise en compte en tant que telle par l’État. À cela s’ajoute le fait que le système de la médecine libérale, avec la liberté d’installation et la rémunération à l’acte, est arrivé en bout de course et ne permet de répondre ni aux besoins de la population, ni aux aspirations des jeunes médecins. En effet, ces derniers privilégient le salariat et les activités mixtes.
Depuis des années, la CGT avance des propositions simples qui s’appuient sur un principe essentiel : l’égalité de traitement de la population, quel que soit son lieu de résidence sur le territoire. Seul le service public est capable de répondre à cet impératif qui est un droit constitutionnel.
Nous proposons ainsi de développer un réseau de centres de santé rattachés aux hôpitaux de proximité avec des médecins et des personnels salariés. Cette solution permet de répondre à deux objectifs : une juste répartition des ressources humaines sur le territoire et la fin des dépassements d’honoraires avec la généralisation du tiers payant intégral.
Pour cela, il faut arrêter de fermer les hôpitaux de proximité et médicaliser les EHPAD (Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) dans lesquels pourraient s’établir un certain nombre de centres de santé en capacité de proposer des consultations avancées dans les zones de plus faible densité de population. Par ailleurs, ces structures auraient la mission d’assurer la permanence des soins, ce qui éviterait un recours par défaut aux urgences par les patients qui ne trouvent pas d’autre solution.
Le ministère de la Santé doit prendre conscience que la majorité de la population considère que la santé doit relever du service public. 
Les propositions de la CGT répondent à cette attente ainsi qu’à celles d’une majorité de professionnels de santé. Il est temps d’ouvrir un véritable débat sur ces questions avec l’ensemble de la population.
La CGT est prête à apporter sa pierre pour une véritable rénovation de notre système de santé qui doit s’appuyer sur deux piliers : le service public et une sécurité sociale reposant sur ses trois principes d’universalité, d’uniformité et d’unicité.

Montreuil, le 13 octobre 2017

 

Mise en avant

Les personnels médicaux hospitaliers se joignent aux fonctionnaires le 10 octobre 2017

image_pdfimage_print

Communiqué du 9 octobre 2017

Les personnels médicaux hospitaliers se joignent aux fonctionnaires

 Le Syndicat National des Médecins Hospitaliers-FO (SNMH FO), la Confédération des Praticiens des Hôpitaux (CPH), Avenir Hospitalier, l’AMUF, et la CGT santé-sociaux appellent ensemble tous les personnels médicaux et pharmaceutiques à rejoindre le mouvement de grève et manifestations le 10 octobre 2017. Un préavis de grève couvrant l’ensemble des praticiens a été déposé par FO, CGT, CPH et Avenir hospitalier.

Le personnel de la fonction publique se mobilise entre autre pour mettre fin à la politique d’austérité dans le secteur public, contre le gel du point d’indice, contre l’augmentation de 1,7 points la CSG.

Depuis des années, la politique de réduction des dépenses publiques entraîne une baisse de notre pouvoir d’achat qui ne cesse de se dégrader. Les personnels médicaux hospitaliers sont également victimes de cette politique d’austérité. Indirectement par les difficultés de fonctionnement de l’hôpital et directement sur nos conditions de travail et notre pouvoir d’achat.

Continuer la lecture de « Les personnels médicaux hospitaliers se joignent aux fonctionnaires le 10 octobre 2017 &rquo;

Mise en avant

Rémunération des jours épargnés sur le CET : une nouvelle arnaque du gouvernement !

image_pdfimage_print

Rémunération des jours  épargnés sur le CET : une nouvelle arnaque du gouvernement !

Alors que l’ensemble des rémunérations des médecins hospitaliers doit être soumis à cotisations sociales, notamment de retraite, le gouvernement « a oublié » de préciser que la rémunération des jours épargnés sur le CET faisaient expressément partie de l’assiette.

Devant cet « oubli » les directions hospitalières, à l’affût de toute source d’économie, a interrogé l’Ircantec qui a été obligé d’admettre qu’ils pouvaient s’exonérer de cette dépense.

Il s’agit d’une injustice flagrante. En effet, si un médecin utilise des jours de son CET sous forme de congés, il touche son salaire et cotise pour sa retraite par cotre s’il choisit de se faire payer ses mêmes jours, il n’a pas droit à une cotisation retraite. Il faut se rappeler que ces cotisations sur une rémunération supplémentaire sont soumises aux taux de la tranche B (rémunération supérieure au plafond de la sécurité sociale qui est d’environ 3500 euros) et génèrent un nombre de points de retraite important.

Le représentant de la CGT, Christophe Prudhomme, praticien hospitalier, qui siège au Conseil d’administration de l’Ircantec a protesté contre cette situation et a demandé aux différents ministères de tutelle de donner des directives aux hôpitaux afin que cette situation cesse. La Direction générale de l’organisation des soins s’est dite « attentive à la situation et s’efforcer de trouver une solution ». Nous espérons que cette mise à jour de la réglementation sera effective dans les meilleurs délais et cela de manière rétroactive.

 

Mise en avant

La CGT apporte son soutien au collectif de médecins de la région Auvergne-Rhône Alpes pour sa lettre ouverte à la ministre de la santé

image_pdfimage_print

http://www.sante.cgt.fr/La-CGT-apporte-son-soutien-au-collectif-des-medecins-de-la-region-Auvergne

Mise en avant

Notre système de santé va mal, l’hôpital va mal ainsi que ses médecins

image_pdfimage_print

Editorial de la Info Médecins n° 21

 

Pour trouver un médecin, dépassements d’honoraires, renoncement aux soins… les patients sont en colère et la santé s’est invitée dans le débat politique sans que les candidats l’ai vue venir. C’est plutôt rassurant mais il y a urgence.

L’hôpital va mal, ainsi que ses personnels, y compris les médecins. T2A, codages, contrats d’objectifs et de moyens, plans de retour à l’équilibre et surtout management harceleur constituent les ingrédients du menu quotidien dans de nombreux établissements.

Trop souvent les médecins subissent sans rien dire, parfois se rebellent mais de manière isolée et la technostructure médico-administrative sait éliminer les gêneurs en utilisant tous les moyens possibles, même s’il s’agit de briser des vies.

Cette situation est intolérable et ne peut plus durer. Nous vous proposons dans ce journal un témoignage et un appel qui sont la preuve qu’il ne faut pas se taire mais mettre sur la table tous ces problèmes pour ne pas rester seul.

C’est le rôle d’un syndicat de diffuser ces expressions afin d’ouvrir le débat, d’essayer de développer des résistances et de proposer des alternatives en rassemblant le plus largement possible.

Ne pas baisser les bras, retrouver un sens à son travail et des valeurs collectives de solidarité constituent une des réponses pour que nous puissions redonner la santé à notre outil de travail qu’est l’hôpital.

 

Dr Christophe Prudhomme

Collectif médecins

Fédération CGT de la santé et de l’action sociale

Mise en avant

Les dernières mesures visant à améliorer l’attractivité du statut de praticien hospitalier

image_pdfimage_print

1- Le temps additionnel de nuit (TTA) disparaît, au profit d’un TTA uniquement de jour, mieux rémunéré. Par ailleurs, les astreintes dites « de sécurité » disparaissent au profit des astreintes dites « opérationnelles » mieux rémunérées.

2- Harmonisation des droits sociaux des PH contractuels et assistants spécialistes avec ceux des PH titulaires. Cette harmonisation concerne les droits à congés liés à l’état de santé (maladie, longue maladie, congé longue durée, accident ou maladie professionnels, grossesse).

3- Augmentation de l’Indemnité d’Engagement de Service Public Exclusif (IESPE).

Continuer la lecture de « Les dernières mesures visant à améliorer l’attractivité du statut de praticien hospitalier &rquo;

Mise en avant

Comment une direction s’appuie sur un dysfonctionnement pour régler ses comptes !

image_pdfimage_print

Nathalie est une jeune femme brillante, cassante et ambitieuse. Elle est nommée chef d’un grand service. Son management s’appuie sur la division des équipes, rapportant des propos que certains auraient tenus sur d’autres pour alimenter sa stratégie de pouvoir. 4 médecins, tous recrutés par elle, sont partis après 2 à 3 années de bon service. Le motif de leur départ était la mésentente avec Nathalie : 2 seront arrêtés plusieurs mois pour burn out. Nous sommes dans un hôpital français, loin de la société Orange ou de la SNCF.

Cinq autres médecins du service, François, Paul et les autres ont alerté leur hiérarchie sur la souffrance au travail que traversaient leurs collègues. Les commissions ad hoc ont été saisies y compris celle qui se nomme « la commission de la vie hospitalière ». Ces commissions pleines d’empathie ont fait part de leur impuissance à régler un conflit managérial d’un service. Au contraire, leur sollicitation a conduit à une réaction destructrice de part de la direction de l’hôpital. Continuer la lecture de « Comment une direction s’appuie sur un dysfonctionnement pour régler ses comptes ! &rquo;

Mise en avant

Classer pour soigner ? Enquête sociologique sur le dépistage du sida

image_pdfimage_print

Classer pour soigner ?  Savoirs d’État, idéologie préventive, raisons pratiques.  Enquête sociologique sur le dépistage du sida

 Résumé de la thèse de sociologie de Maud Gelly, soutenue le 14 décembre 2016

 Comment le travail de santé fabrique-t-il de l’inégalité ? Sur le terrain du dépistage du sida, les individus consultent tous pour le même motif, dans un cadre de consultation anonyme et gratuit. Celui-ci permet d’observer comment des soignant.e.s classent les usager.e.s des services de santé dans des catégories sociales/genrées/sexuelles/raciales, et différencient leur offre de biens de santé face à une demande identique, en l’absence de contrainte budgétaire. Il s’agit ainsi de rendre compte de pratiques de classement des agents de santé publique et de leurs effets sociaux. Continuer la lecture de « Classer pour soigner ? Enquête sociologique sur le dépistage du sida &rquo;

Mise en avant

Le harcèlement : une stratégie de destruction de l’individu

image_pdfimage_print

 

Le collectif des médecins CGT reçoit de plus en plus de collègues médecins qui se plaignent de graves détériorations de leurs conditions de travail et de situations de harcèlement.

Dans l’hôpital-entreprise, le médecin est un employé comme les autres, soumis à une stratégie managériale parfois brutale ou peut sévir d’authentiques systèmes de harcèlement institutionnel et stratégique. Dans un collectif de travail attaqué, éclaté et individualisé, les uns vont pleinement participer pour tirer leur épingle du jeu, d’autres vont tenter de résister et une large majorité va tenter de s’adapter tant bien que mal, parfois au prix de conflit éthiques délétères.

Notre syndicat apporte son aide et son expertise socioprofessionnelle, mais nous avons vite constaté qu’il fallait également et simultanément prendre en compte les éventuels effets psychopathologiques que produisent ces situations complexes et douloureuses.

Continuer la lecture de « Le harcèlement : une stratégie de destruction de l’individu &rquo;

Mise en avant

Souffrance professionnelle et harcèlement au travail chez les médecins: l’exemple de l’AP-HP

image_pdfimage_print

 

Sous l’impulsion de quelques médecins militants, un long travail de reconnaissance et de prise en compte de ces situations s’est mis en place à l’AP-HP depuis cinq ans ; il a progressivement intégré des réflexions sur la spécificité des risques psychosociaux dans le personnel médical, puis sur l’évolution défavorable de la médecine du travail, puis sur la nécessité de rendre visibles des situations de harcèlement ou de conflit le plus souvent étouffées par un corps médical fonctionnant en vase clos, aboutissant à la mise en place d’une cellule centrale d’appui aux praticiens en difficulté, et enfin par la rédaction d’items spécifiques dans le volet social et professionnel du plan stratégique 2015/2019. Ce travail de fond a surtout permis de mettre en évidence que les situations de souffrance professionnelle et de harcèlement étaient loin d’être rares, et pouvaient avoir des conséquences majeures, tant sur les praticiens que sur le fonctionnement des services. Continuer la lecture de « Souffrance professionnelle et harcèlement au travail chez les médecins: l’exemple de l’AP-HP &rquo;

Mise en avant

Mise en place des GHT : ne laissons pas les présidents de CME et les directeurs décider sans nous

image_pdfimage_print

Info medecins n°18 072016

Les Groupements Hospitaliers de Territoire (GHT) se mettent en place rapidement et de manière autoritaire. En effet si la coopération entre les établissements est une réalité depuis de nombreuses années, les territoires concernés sont de taille et de périmètre variables en fonction des activités concernées.

La loi Touraine poursuit la politique initiée par la loi Bachelot et impose le regroupement des 1500 établissements publics en moins de 150 GHT. Si dans un certain nombre de cas les territoires sont cohérents, trop souvent ceux-ci sont inadaptés, notamment en termes de taille. Nombreux sont les exemples où il faudra faire plusieurs centaines de kilomètres pour faire le tour de l’ensemble des établissements. Par ailleurs, la spécificité de la psychiatrie n’est pas prise en compte, ce qui est à l’origine de nombreuses protestations qui se sont même traduites dans certains cas par la démission de la CME ! Et quand les structures sont de taille équivalente, la question de la désignation de l’établissement support pose problème.

Dans ce domaine, comme dans celui de la loi travail, l’autoritarisme, le passage en force et le refus du débat démocratique semblent être la marque de ce gouvernement.

Cependant des résistances sont possibles en utilisant les quelques marges de manœuvre que nous autorise la loi. Si les directeurs généraux d’ARS ont tout pouvoir pour définir les territoires des GHT, une dérogation est possible et doit être utilisée notamment par les hôpitaux psychiatriques. Par ailleurs, la deuxième étape – celle du projet médical partagé – nécessite une implication des médecins. Sans leur participation, les ARS ne peuvent rien faire. C’est ici que nous pouvons et devons intervenir. En effet, si une CME du GHT refuse de participer à ce processus, le projet médical ne sera pas valide et pourra être contesté juridiquement. Cette étape nécessite un consensus minimal et l’ARS ne peut s’en exempter. Continuer la lecture de « Mise en place des GHT : ne laissons pas les présidents de CME et les directeurs décider sans nous &rquo;

Mise en avant

Conflits d’intérêt : il faut faire le ménage !

image_pdfimage_print

Info medecins n°18 072016

Un récent fait divers qui a révélé les liens pour le moins ambigus qu’entretenait un professeur de médecine avec l’industrie pétrolière a mis en lumière les travers de tout un système. Nous espérons que la réponse qui sera donnée à cette affaire permettra de restaurer l’image de notre profession, dans une période où la santé est vue par certains comme un vaste marché lucratif.

Comme les questions de santé publique impliquent la collaboration de multiples acteurs aux intérêts divergents (soignants, chercheurs, industriels, politiques, etc. ) leur interdépendance est incontournable, mais ceci doit se faire démocratiquement, en toute transparence et pour la seule recherche d’une amélioration des soins apportés à la population.

Continuer la lecture de « Conflits d’intérêt : il faut faire le ménage ! &rquo;

Mise en avant

Développement Professionnel Continu : pour ne pas rester inerte

image_pdfimage_print

Info medecins n°18 072016

Chaque professionnel de santé, quel que soit son statut (salarié non hospitalier et hospitalier ou libéral), est soumis à une obligation de Développement Professionnel Continu : le DPC.

Nous entrons dans une étape de remise à plat du dispositif de DPC pour l’ensemble des professions et un premier point est proposé ici.

Coté intentions du ministère actuel, le DPC et son document de traçabilité, pour lequel un nouveau cycle de négociation s’ouvre, veut être une brique dans le parcours de formation des personnels médicaux et non médicaux, faisant le lien avec la formation initiale et la formation continue, « connectée » avec le passeport formation et le Compte Personnel d’Activité (Compte Personnel Formation dans le secteur public)

La CGT reste opposée a la conception actuelle du DPC  qui est centré sur des objectifs utilitaristes des établissements de santé, utilitarisme qui supplante l’obligation de l’employeur de faire accéder le professionnel a un droit à se former tout au long de sa carrière, y compris par une formation promotionnelle.

Continuer la lecture de « Développement Professionnel Continu : pour ne pas rester inerte &rquo;

Mise en avant

Téléradiologie dans les hôpitaux, un progrès sans les hommes ?

image_pdfimage_print

Info medecins n°18 072016

Quelle est la situation actuelle ?

L’imagerie médicale des hôpitaux publics est indispensable pour leur fonctionnement mais on ne peut que déplorer le dysfonctionnement de celle-ci.

Les centres hospitaliers de proximité ont des services d’imagerie médicale sous équipés en matériel d’imagerie et informatique avec un retard en investissement chronique. Il s’agit d’une situation préoccupante remettant en cause les principes de plein exercice des établissements et le maillage territorial qui fut mis en place dans les décennies précédentes.

L’enjeu pour les ARS est d’utiliser les progrès technologiques et l’expérience de la téléraradiologie pour regrouper les services d’imagerie médicale à moindre frais par des « équipes territoriales » afin de compenser l’inégale répartition des compétences et le déficit des effectifs en médecins radiologues.

Dans cette vaste opération sous-tendue par l’objectif de diminuer de manière drastique l’offre de soins hospitalière publique, on comprend la finalité des regroupements et des fusions d’établissements. La télé-imagerie pour les dirigeants est une opportunité pour justifier le non-renouvellement des équipements d’imagerie. Le discours officiel réclame « une Révolution nécessaire de l’Hôpital » espérant convaincre les professionnels et la population que ces progrès ne justifient plus les structures hospitalières d’un passé révolu.

Continuer la lecture de « Téléradiologie dans les hôpitaux, un progrès sans les hommes ? &rquo;

Mise en avant

Droit de grève des internes : une mise au point de la DGOS

image_pdfimage_print

 

La Direction Générale de l’Organisation des Soins a fait une mise au point sur l’exercice le droit de grève par les internes, par une circulaire du 22/01/2016.

 

Préavis : les règles sont identiques à celles définies pour le reste du personnel

Le préavis doit parvenir dans les cinq jours francs avant le déclenchement de la grève, à l’autorité hiérarchique ou la direction de l’établissement. En cas de mouvement strictement local, le préavis est déposé auprès du directeur. Mais lorsque la grève s’inscrit dans un mouvement national, et qu’un préavis d’ampleur nationale a en conséquent été déposé, les organisations syndicales sont dispensées du dépôt de préavis local.

La grève tournante Continuer la lecture de « Droit de grève des internes : une mise au point de la DGOS &rquo;

Mise en avant

Les internes avec la CGT: défendre nos droits, défendre le service public de la Santé

image_pdfimage_print

InfoMedecin n°17_022016

Internes, médecins, nous avons choisi un métier consacré aux autres, d’être au service de leur santé et de leur bien-être. Devons-nous pour cela faire don de nous-mêmes, nous consacrer entièrement à nos missions dans le déni de nos propres aspirations et au détriment de notre santé ? Nous ne le pensons pas. Nous ne partageons pas l’idéal archaïque du médecin dévoué, ne comptant pas ses heures et se croyant surpuissant. Ce modèle pèse encore trop lourdement sur notre profession. Intériorisé, parfois, par arrogance… Mais imposé, surtout, pour nous faire accepter les pires conditions de travail, dès nos premiers pas d’interne, voire même avant. Ce n’est pas sans conséquences sur notre santé : burnout, dépression, addictions, suicide… les médecins sont plus affectés que la moyenne, les internes aussi. Et la qualité des soins s’en trouve dégradée.

La confrontation quotidienne à l’urgence, à la souffrance et à la mort, pour être supportable, devrait au contraire imposer une diminution du temps de travail, une plus grande disponibilité pour être à l’écoute des patients, une prise en charge plus collective, davantage de temps d’échanges et de partages sur nos pratiques avec l’ensemble de l’équipe soignante. Nous sommes donc convaincus que défendre nos intérêts – nos conditions de travail et notre santé – c’est en même temps défendre la qualité des soins et celle du service public de la Santé, c’est-à-dire la qualité de notre travail, qui donne sens à notre métier. Continuer la lecture de « Les internes avec la CGT: défendre nos droits, défendre le service public de la Santé &rquo;

Mise en avant

Le harcèlement, méthode de management trop souvent utilisée à l’hôpital

image_pdfimage_print

Le drame récent survenu à l’hôpital Georges Pompidou était prévisible. La CGT constate une dégradation des relations sociales à l’hôpital depuis des années et est de plus en plus souvent sollicitée pour aider des médecins hospitaliers en difficulté. Nous avions clairement indiqué à la Ministre de la santé, dès sa prise de fonction, que globalement la situation à l’hôpital s’apparentait largement à celle connue à France Télécom-Orange en ce qui concerne la souffrance au travail et le harcèlement par la hiérarchie. Pour nous, les causes étaient clairement identifiées : d’une part, le renforcement des pouvoirs de la structure médico-administrative avec le directeur et le directoire, incluant le président de CME et les chefs de pôle, d’autre part, la politique d’austérité imposée à l’hôpital-entreprise producteur de soins renforcé par la loi HPST.

Pour la CGT, il ne s’agit pas de chercher des boucs émissaires, mais bien de remettre en cause un système à l’origine de la concentration des pouvoirs dans les mains de quelques personnes, sans aucun contre-pouvoir véritable. Un système autoritaire, en contradiction avec les valeurs humanistes qui fondent la médecine, où seule la performance individuelle compte, dans un contexte de concurrence, de « flicage » et d’objectifs avec obligation de résultats basée sur des critères uniquement financiers.

Par ailleurs, les directions d’établissement jouent trop souvent la carte de l’opposition entre les personnes, dans un contexte d’enjeux de pouvoir qui créent des situations d’une violence extrême. Cet état de fait est exacerbé dans les CHU où le fonctionnement trop souvent clanique aboutit à l’exclusion et au rejet de toute personne qui n’adhère pas au système mandarinal, héritage suranné des ordonnances de 1958 (dites « Debré »), qui est aujourd’hui sclérosant et mortifère pour notre système de santé.

A l’hôpital, les médecins doivent être des salariés comme les autres, avec des devoirs mais aussi des droits qui puissent les protéger. Des réformes sont nécessaires et nous avons mis sur la table des propositions depuis de nombreuses années :

  • Les structures de représentation des médecins, comme la CME, ne doivent pas fonctionner sur la base d’un système censitaire qui octroie une surreprésentation de droit aux responsables de structures. La démocratie doit être respectée : une personne égale une voix.
  • Les médecins doivent être représentés au CHSCT comme tous les salariés de l’hôpital par des collègues élus sur des listes syndicales.
  • La médecine du travail doit être renforcée pour jouer pleinement son rôle en toute indépendance vis-à-vis des directions et des responsables médicaux de structures.
  • La protection fonctionnelle doit être inscrite dans le statut des médecins hospitaliers au même titre que ce qui existe pour l’ensemble des agents publics et le Centre National de Gestion (CNG) doit assurer une assistance à tous les praticiens qui en font la demande.

Plus globalement, nous considérons que des réformes profondes sont nécessaires et que les différentes propositions d’audit, de dispositifs d’alerte, de meilleure définition des responsabilités managériales… ne sont que de la poudre aux yeux qui, au mieux, traitera transitoirement certains symptômes, mais ne guérira pas la maladie. L’hôpital doit redevenir un lieu de soin qui place le patient au centre de ses préoccupations, ce qui implique que les professionnels de santé, notamment les médecins, puissent travailler dans le calme et la sérénité. Ce projet doit primer sur les objectifs de production et de plans de retour à l’équilibre sans fin, qui constituent l’alpha et l’oméga de managers administratifs et médicaux utilisant les pires procédés d’un management autoritaire et sans âme.

Nous n’avons pas besoin aujourd’hui de nouvelles enquêtes, audits ou groupes de réflexion pilotés par de soi- disant experts pour trouver des solutions. Il faut écouter les professionnel-le-s de terrain qui sont attaché-e-s aux valeurs du service public et de l’intérêt général. Ce qui n’a pas été fait dans le cadre de l’élaboration de la Loi Santé qui aggrave toutes les tares contenues dans la loi HPST. C’est la raison pour laquelle nous demandons son retrait et l’élaboration d’une véritable réforme de notre système de santé répondant réellement aux besoins de la population en assurant aux professionnels des conditions d’exercice adaptées.

Il y a urgence avant que d’autres drames ne surviennent. Nous invitons toute personne se sentant en danger à nous contacter pour une aide immédiate.

Ce n’est que par l’action collective que nous pourrons faire évoluer la situation. C’est pourquoi, la CGT, à la différence des organisations catégorielles, sera toujours au service de l’ensemble des salariés, médecins et personnels hospitaliers, sans distinction.

Continuer la lecture de « Le harcèlement, méthode de management trop souvent utilisée à l’hôpital &rquo;