Mobilisons nous pour faire évoluer nos conditions de travail et nos statuts

image_pdfimage_print

Editorial de la lettre  info médecins n°16

Ces derniers mois ont été riches en événements avec l’accord sur le temps de travail des urgentistes et la remise du rapport Le Menn sur l’attractivité des emplois de médecins hospitaliers.

Les avancées obtenues par les urgentistes constituent une véritable révolution dans le mode de décompte du temps de travail. Elles ne constituent pas un avantage obtenu par une catégorie de médecins au détriment des autres, mais bien des pistes pour aller vers plus de transparence et sortir de l’aberration de la demi-journée. Il est important de souligner qu’il ne s’agit en fait que d’appliquer la directive européenne sur le temps de travail pour laquelle la France se trouvait en infraction. Le sénateur Le Menn l’a bien compris puisqu’il salue dans son rapport cet accord et propose de l’étendre progressivement à d’autres spécialités.

Cette rentrée est également marquée par le renouvellement des CME. Même si ces instances sont tout sauf démocratiques, l’élection de leur président est essentielle car ce dernier fait partie du binôme qui, avec le directeur, dirige de fait l’hôpital. Ces pouvoirs lui ont été conférés par la loi HPST et la loi santé de Marisol Touraine ne prévoit aucun changement.

La loi Touraine est d’ailleurs d’actualité puisque sa discussion se poursuit au Parlement. Malgré les promesses de campagne de François Hollande, non seulement la loi HPST n’est pas abrogée mais certains de ses aspects les plus négatifs sont renforcés. Il s’agit notamment de l’obligation de regroupement des établissements dans des GHT (Groupements hospitaliers de territoire). Nous voyons bien quelle est la logique à l’œuvre : il s’agit de poursuivre la fermeture des hôpitaux de proximité, transformés en « mouroir pour vieux », et de regrouper les activités sur des hôpitaux dit de référence en nombre très réduits et trop souvent très éloignés dans les zones à faible densité de population.

Nous voyons bien aujourd’hui que notre système est au bout du rouleau. La fermeture de services d’urgence au cours de l’été par manque de médecins est à l’image de l’incurie organisée du gouvernement qui fait le choix de ne plus assurer ses missions et d’abandonner les populations sur de vastes parties du territoire. Ce choix est motivé par la logique libérale qui vise à limiter le service public au strict minimum et à basculer une grande partie de l’offre de soins vers le marché, donc le secteur privé lucratif.

Il est donc urgent que les médecins se mobilisent avec l’ensemble des personnels hospitaliers autour d’autres choix, afin de maintenir un service public de qualité irriguant les territoires avec des meilleures conditions de travail.

 

Christophe Prudhomme

Commission exécutive

Fédération CGT de la santé et de l’action sociale