Conflits d’intérêt : il faut faire le ménage !

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Info medecins n°18 072016

Un récent fait divers qui a révélé les liens pour le moins ambigus qu’entretenait un professeur de médecine avec l’industrie pétrolière a mis en lumière les travers de tout un système. Nous espérons que la réponse qui sera donnée à cette affaire permettra de restaurer l’image de notre profession, dans une période où la santé est vue par certains comme un vaste marché lucratif.

Comme les questions de santé publique impliquent la collaboration de multiples acteurs aux intérêts divergents (soignants, chercheurs, industriels, politiques, etc. ) leur interdépendance est incontournable, mais ceci doit se faire démocratiquement, en toute transparence et pour la seule recherche d’une amélioration des soins apportés à la population.

La formation, la recherche médicale ou nos expertises proposées à des tiers nécessitent des moyens financiers. Par choix économique, une partie croissante de ce financement a été trop facilement et sans précautions déléguée à des intérêts privés. Parmi eux, certains y ont vu surtout l’occasion d’un lobbying à des fins commerciales.

Les liens de notre profession avec les industriels sont les plus sensibles, d’autant que les enjeux économiques sont souvent considérables. Dans ce domaine, la frontière entre collaboration scientifique et collusion à des fins mercantiles peut être trop facilement franchie.

Faire appel à la seule déontologie des acteurs paraît bien naïf. À la CGT, nous pensons qu’une réflexion de fond doit être posée réunissant les différents protagonistes et à distance des lobbies.

La mise en place d’institutions intermédiaires, transparentes, neutres et démocratiques pour recueillir, réguler et distribuer ses flux d’argent, garantir leur réelle utilité pour l’intérêt commun et promouvoir la diversité des stratégies thérapeutiques serait une des premières pistes à explorer.

 

Dr Thierry Dobler

Psychiatre

CHS Les Murets (La Queue-en-Brie)